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s’agit d’inverser la tendance de destruction de ces ressources, largement due à la pauvreté, en
faveur de leur préservation sur la base d’un intéressement économique.
Carlos de Wasseige, coordonnateur régional de l’observatoire des forêts de l’Afrique centrale,
présente une étude de cas qui montre comment la recherche peut permettre de soutenir la prise
de décision à l’aide de l’analyse d’images satellitaires. Ce texte présente l’état des forêts du
bassin du Congo et son évolution dans les vingt dernières années en termes de déforestation.
Les forêts du bassin du Congo couvrent 200 millions d’hectares au cœur du continent africain.
Tout à la fois, elles représentent la ressource quotidienne de 60 millions de personnes,
produisent des moyens financiers pour les États de la région par l’exploitation du bois d’œuvre,
absorbent d’énormes quantités de carbone, fournissent le socle d’une biodiversité unique et
régulent le débit des grands fleuves d’Afrique centrale. Cette immensité rend impossible par des
moyens conventionnels de se faire une image juste de leur état de dégradation.
Le Rapport 2010 sur l’état des Forêts du Congo avait pour objectif de fournir aux décideurs
d’Afrique Centrale une base d’information exhaustive et de qualité afin de servir au mieux les
intérêts des États et des populations de la région. Ce rapport est doublé par un Observatoire en
ligne. Le premier chapitre du rapport présente les résultats les plus récents disponibles sur la
distribution spatiale et sur l’évolution des forêts du bassin du Congo, en se basant sur
l’exploitation et l’analyse d’un grand nombre d’images satellites acquises au cours des vingt
dernières années. Les suivants décrivent quelques causes majeures de l’évolution du couvert
forestier et les pistes possibles pour juguler un phénomène important de déforestation et
dégradation forestière.
Les résultats de l’évaluation du changement du couvert forestier par échantillonnage indiquent
que le taux annuel de déforestation brut dans le bassin du Congo a été de 0,13 % pour la
période 1990 - 2000 et que ce taux a doublé pour la période 2000 - 2005. La tendance est
similaire pour le taux de déforestation net ainsi que pour les taux bruts et nets de dégradation
forestière. Ces nouvelles estimations à l’échelle du bassin révèlent un doublement du taux de
changement du couvert forestier entre les deux périodes. L’évolution de la déforestation brute
entre 1990 - 2000 et 2000 - 2005 est assez marquée en RDC, au Cameroun et au Congo, alors
qu’elle se stabilise au Gabon et en RCA. La déforestation nette diminue au Cameroun et au
Gabon, elle est stable à 0,6 % en RCA et elle augmente au Congo et en RDC. À l’échelle du
bassin dans son ensemble, le taux annuel de dégradation est passé de 0,05 % entre 1990 et
2000 à 0,09 % entre 2000 et 2005. Cette augmentation est surtout due à l’évolution constatée en
RDC.
Entre 1990 et 2000, les phénomènes de déforestation, reforestation et dégradation sont plus
marqués dans les zones accessibles situées en bordure du massif ou le long du fleuve Congo.
Entre 2000 et 2005, les processus de déforestation et de dégradation se développent également
dans des zones moins accessibles.