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du programme de conservation de la FMTE et en évalue l’impact sur la perception des enjeux de
la conservation par les populations locales et leurs attitudes à l’égard de ladite forêt.
Le programme de gestion communautaire initié depuis 2006 à la FMTE a permis d’impliquer les
populations locales dans le processus de classement de cette forêt en réserve communautaire.
Cette implication a été rendue possible grâce aux campagnes de sensibilisation menées dans les
villages environnant la forêt et qui ont un impact direct sur celle-ci. Le fait d’informer toutes les
populations locales, quelle que soit leur couche sociale ou leur origine, constitue une avancée
dans la politique de conservation mise en place, car tout projet n’intégrant pas les intérêts
particuliers de l’ensemble des acteurs agissant sur un territoire risque de voir ses efforts de
protection et de conservation de la biodiversité réduits à néant.
Au niveau de la perception des enjeux de la conservation par les populations locales, les
villageois ont de plus conscience du fait que la FMTE est le dernier refuge pour bon nombre de
représentants de la faune originelle de la région, en particulier pour les primates. De plus, le
niveau de connaissance des villageois sur les trois espèces de singes menacés ainsi que sur leur
statut de conservation a été renforcé.
En ce qui concerne les attitudes des populations, les trois espèces ont certes déjà été
consommées par les répondants, mais ne constituent pas une préférence majeure en termes de
viande de brousse. Une bonne frange des répondants refuserait de consommer les singes si on
leur en offrait. Parmi les causes du refus, le « besoin de conservation » a été de plus en plus
évoqué, au fil des évaluations.
Malgré ces résultats positifs, il ne faut pas occulter le fait qu’il demeure toujours des personnes
qui n’ont sans doute pas encore bien appréhendé les enjeux de la conservation. Le nombre
relativement élevé des personnes qui accepteraient encore de consommer la viande de singes
s’ils en avaient l’occasion révèle la nécessité de poursuivre les campagnes de communication
pour le changement des comportements en adoptant des approches innovantes.
Conclusion
Dans ce chapitre, les auteurs ont caractérisé diverses dimensions de la gouvernance dans le
domaine de la forêt. On y constate que les interventions et les politiques qui excluent les
populations locales des bénéfices forestiers sont vouées à l’échec. L’influence bénéfique des
conventions internationales et de la gouvernance supranationale à l’égard de l’évolution des
politiques nationales est démontrée. Mais quel que soit le cadre législatif ou règlementaire dont
dispose un État, s’il n’est pas appliqué avec rigueur et transparence, les résultats de la
participation des communautés resteront mitigés. De même, les initiatives de gestion
communautaire doivent être appuyées par les États. Dans tous les cas, la corruption, à n’importe
quel niveau de l’échelle décisionnelle, peut remettre en cause les meilleures initiatives.