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5. 1 La responsabilité des acteurs
Seyni SEYDOU
Seyni SEYDOU,
Coordonnateur Régional du PLCE/BN Programme de Lutte Contre
l’Ensablement dans le Bassin du Niger), Email :
ydouseyni@yahoo.fr
ou
plce@abn.ne
Introduction
Les ressources naturelles renouvelables sont les biens et services que fournissent les
écosystèmes de manière naturelle ou suscitée. Elles constituent le support des richesses qui
permettent d’améliorer les conditions de vie des populations du monde. Ces ressources,
inégalement réparties selon les zones biogéographiques, font face malgré leur abondance à une
très forte pression anthropique qui se renforce d’année en année à cause de l’accroissement
démographique auquel s’ajoutent aujourd’hui les effets néfastes des changements climatiques. À
la conjugaison de ces facteurs défavorables s’ajoutent des modes de gestion et d’exploitation
inadaptés des ressources naturelles. Le constat est que le modèle de développement prôné par
les nations n’est pas toujours respectueux de l’environnement et ainsi apparaît un déséquilibre
dans les relations écosystèmes-société grâce la recherche effrénée de richesses qui jure avec les
capacités productives et de régénération des forêts.
Ainsi, les systèmes de production agricole, pastorale, sylvicole et halieutique se trouvent
confrontés à une très forte dégradation de leur base productive. Cette situation pousse les
populations à puiser davantage dans le seul capital disponible restant (sol, forêts, pâturages),
entraînant une situation généralisée de surpâturage, de surexploitation des ressources végétales
et animales, de diminution du temps de jachères et d’accentuation de l’érosion. Compte tenu de
la complexité et de l’ampleur généralisée du phénomène, les efforts individualisés des États ne
permettent pas de contenir cette avancée vertigineuse vers l’amenuisement des ressources
renouvelables. Pour y arriver, il faut des actions transfrontalières et coordonnées d’envergure
mondiale.
Devant cette situation, la communauté internationale sentant la menace d’une crise mondiale liée
à l’épuisement des ressources naturelles a engagé des réflexions à la suite de la tenue de
plusieurs événements internationaux tels que la Conférence des Nations Unies sur
l’Environnement Humain (CNUEH/Stockholm-1972) et surtout celle sur l’environnement et le
développement (CNUCED/Rio de Janeiro -1992) dans l’optique d’asseoir une gouvernance
mondiale des ressources qui prend en compte l’ensemble des acteurs en présence. De cette
conférence naquirent les conventions relatives aux changements climatiques, à la conservation
de la diversité biologique et à lutte contre la désertification. Toutes ces conventions post Rio
visent à adopter une approche globale à l’égard de la conservation de la diversité biologique,