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Comme le soulignent les études sur la coopération et la compétition dans un groupe restreint de
personnes (Richard, 1995), la coopération se caractérise par l’évolution dynamique de
l’affirmation de soi (une saine compétition) et de la reconnaissance de l’autre. Être différent, être
en désaccord, se dire les réalités et les choses telles que chacun les perçoit, apprendre à se
respecter et à se reconnaître dans ses différences et à travailler avec ces différences pour
améliorer la qualité des projets, cela est au coeur de la concertation. Sans coopération,
l’information ne circule pas librement. En mode compétition, les gens se ferment comme des
huîtres et ne parlent pas. Ceux qui ont plus de pouvoir et sont plus articulés l’emportent plus
facilement. Le contrôle des experts sur le contenu d’un projet partagé prend alors le dessus.
Trois paramètres s’avèrent fondamentaux dans l’apprentissage, l’établissement et le maintien
d’une relation de coopération.
1)
La subjectivité humaine
:
La concertation est avant tout une affaire de subjectivité humaine. C’est la différence entre ce
que nous pensons et ce que l’autre pense qui est en cause. Aussi utile que puisse être l’examen
de la réalité objective ou des faits, c’est en définitive la réalité telle que chacun la perçoit qui
constitue la matière d’un dialogue et ouvre la voie à la progression d’un projet.
Dès l’amorce d’un projet partagé, les partenaires s’entraînent dans une démarche soutenue de
connaître, de prendre en considération et d’agir en fonction de leurs intérêts communs et
divergents. En multipliant les « pourquoi » sur les perceptions et les idées communiquées, les
partenaires pratiquent une écoute attentive, active et empathique les uns des autres. Cet
exercice s’avère alors bénéfique à la réalisation du projet partagé.
Prendre soin des perceptions communes et divergentes consolide également une relation de
confiance. Sans une base minimale de confiance, les partenaires d’un projet partagé peuvent
difficilement créer un espace et des moments de dialogue social où ils partagent en toute
transparence les informations et leur pouvoir d’intelligence nécessaires pour trouver des solutions
leur procurant un bénéfice mutuel. Ils deviennent progressivement conscients de la fragilité de
leur relation de confiance qui prend beaucoup de temps à bâtir et peu de temps à détruire. Ils
constatent que, si de l’information est camouflée ou non prise en considération, leur projet risque
de ne pas atteindre les résultats escomptés.
2)
Une qualité de la communication
:
Dans leur coopération pour exécuter un projet partagé, les partenaires doivent veiller à ce que,
d’échange en échange, l’information circule aisément. Ils doivent apprendre à communiquer dans
un but précis et de manière à être compris. Pour indiquer leur implication personnelle, ils ont
avantage à parler à la première personne en utilisant les « moi », « je », « nous »; par conséquent,
ils essaient d’éviter les « on dit que », « ils affirment que », « les autres pensent que » qui sont des
formules qui déresponsabilisent. Tout en s’affirmant, ils s’emploient constamment à reconnaître