Page 6 - Forets_et_humains_Etude_complete_Chap_05

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Résumé
Les nombreux dérapages observés au cours des derniers siècles qui se sont traduits par des
catastrophes écologiques et humanitaires montrent clairement que l’économie de marché n’est
pas un mode de gouvernance. Les chapitres précédents nous ont montré que dans le domaine
de la forêt, le laisser-faire se traduit par la détérioration inéluctable des fonctions des
écosystèmes à mesure qu’ils sont livrés à la pression démographique ou aux appétits des
marchés. Au contraire, les auteurs ont appelé à des paiements pour services environnementaux,
à la valorisation des produits forestiers issus de pratiques durables, à la réforme du droit foncier
et à la participation communautaire respectueuse des connaissances scientifiques autant que
vernaculaires. Dans ce chapitre, la réflexion sur la gouvernance dans le domaine de la forêt
s’articule autour de cinq thèmes et sera illustrée par sept études de cas.
La gouvernance appelle à la responsabilisation à tous les niveaux et au partage du pouvoir entre
les parties. Dans cet ouvrage, les membres du comité scientifique ont retenu, bien sûr les aspects
législatifs et règlementaires, mais aussi la participation communautaire, l’éducation et la
recherche comme niveaux pertinents pour l’analyse. Six contributions sont donc présentées pour
couvrir ces éléments.
Dans le premier texte, Seyni Seydou, coordonnateur du Programme de Lutte Contre
l’Ensablement dans le Bassin du Niger, présente la gouvernance des forêts à partir du système
des Nations Unies et les pièges de son application locale alors qu’Alain Billand, du CIRAD,
indique comment les appareils législatifs et règlementaires des États ont évolué après la
conférence de Rio dans le domaine des forêts dans une première contribution et dans une
seconde, s’intéresse à l’articulation de la recherche agronomique et son incidence sur la
recherche forestière. Nathalie Rizzotti, coordinatrice de la Chaire de l’UNESCO « Technologies
pour un développement durable », au Centre de Coopération et Développement, EPFL
Lausanne, s’intéresse à la gouvernance locale et à la participation communautaire. Le professeur
Pierre Deschênes de l’UQAC présente la gouvernance comme un processus de gestion
s’appuyant sur la concertation. Elle relève d’un besoin d’établir une nouvelle culture d’action qui
permette le dialogue entre les secteurs et d’amener des gens aux objectifs différents vers un
projet commun. Pour ce faire, un processus est vulgarisé et offert à tous ceux qui souhaiteraient
s’en servir dans leurs communautés pour mener à bien un projet partagé. Enfin, Alain Serge
Kouadio présente pour sa part les aspects éducation et formation et leurs impacts sur la
gouvernance forestière.
La Conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement (CNUED) s’est tenue
à Rio de Janeiro au Brésil il y a vingt ans. Même si la CNUED n’a pas réussi à adopter une
convention sur les forêts, les trois grandes conventions issues de Rio ont fortement influencé la