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façon dont les États ont par la suite considéré leurs ressources forestières. De plus, la CNUED a
adopté une déclaration sur les forêts et créé le forum des Nations Unies sur les Forêts (FNUF).
Le sommet de Johannesburg en 2002, suivant l’adoption des objectifs du Millénaire, a réitéré
l’engagement de la communauté internationale envers le développement durable et pressé les
pays à insister sur l’éradication de la pauvreté comme objectif prioritaire du développement
durable. Encore une fois, les forêts et les populations qui dépendent de la forêt étaient visées au
premier chef. À cette époque, l’économie ne reconnaissait de valeur qu’aux produits qui peuvent
être extraits de la forêt et mis en marché, sans accorder d’importance ni aux dimensions
culturelles, ni aux services écosystémiques qui émargent de forêts en santé, l’exploitation
forestière laissait trop souvent des territoires dévastés et des populations appauvries. Le sommet
de Johannesburg a permis la création de trois partenariats dans le domaine forestier : le
partenariat des forêts asiatiques, le partenariat pour les forêts du Congo et le Centre régional des
forêts modèles pour l’Amérique latine et les Caraïbes. Il a aussi invité la communauté
internationale à l’exploitation durable des produits ligneux et non ligneux de la forêt.
Pendant ce temps, les trois conventions de Rio commençaient à tenir compte des forêts dans les
rencontres annuelles de leurs parties. D’abord, dans le Protocole de Kyoto visant à mettre en
œuvre la CCNUCC, les forêts furent prises en considération à travers le changement d’usage des
terres, mais la complexité de l’évaluation des gains et pertes de stocks de carbone rendait difficile
l’intégration de projets forestiers dans le marché du carbone. Sous l’insistance des pays forestiers
toutefois, la notion de service écosystémique lié à la déforestation évitée et au ralentissement de
la dégradation des forêts (REDD+) a émergé comme une voie intéressante pour le financement
d’actions concrètes de protection des massifs forestiers et de réduction de la pauvreté et fait
maintenant partie des outils à intégrer dans un éventuel traité post 2012. Le plan d’action de
Johannesburg encourageait aussi la Convention sur la désertification à intégrer des politiques et
des mesures visant à réduire les effets de la désertification et de la sècheresse par une meilleure
gestion des sols, de l’eau et des forêts.
C’est surtout la Convention sur la Diversité Biologique (CDB) qui a fait avancer la cause de la
protection des forêts comme réservoir de biodiversité, culminant avec la conférence de Nagoya
en 2010. À cette occasion, les parties ont convenu du Protocole de Nagoya et d’un plan d’action
conjoint pour les trois conventions de Rio. De plus, le prochain plan d’action décennal de la
Convention comporte l’objectif de « réduire au moins de moitié ou, lorsque possible, à près de
zéro le taux de perte d’habitats naturels, y compris les forêts ».
L’Assemblée générale des Nations Unies a déclaré l’année 2011 « Année internationale des
forêts ». Ces diverses initiatives mondiales ont eu un impact important sur le cadre législatif et
règlementaire des pays. Alain Billand souligne que la gouvernance dans le domaine forestier a
particulièrement évolué aux niveaux supranationaux et infranationaux depuis Rio.