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Pour ce qui est de la mise en application des conventions internationales ratifiées par la Côte
d’Ivoire, les principaux obstacles sont liés, entre autres, à leur méconnaissance par les citoyens,
les décideurs et les autorités judiciaires.
Manque de synergie entre institutions
La multitude d’institutions mises en place pour une bonne gouvernance forestière en Côte d’Ivoire
peut laisser suggérer une volonté politique certaine, mais est aussi sans doute symptomatique de
constats d’insuffisances répétées.
Les institutions s’occupant des questions environnementales se retrouvent pratiquement dans
tous les ministères. Cette situation provoque des chevauchements, des lacunes de compétences
et une confusion par rapport aux mandats et aux responsabilités. En outre, l’instabilité
institutionnelle amoindrit l’efficacité des actions et empêche le suivi efficace de certains grands
programmes.
Si le manque de synergies entre la plupart des institutions sous la tutelle du ministère en charge
de l’environnement est une réalité, le problème est plus criant entre les institutions techniques
issues de ministères différents. En effet il y a, par exemple, une compétition contre-productive
entre le ministère en charge de l’agriculture et celui en charge des eaux et forêts. Les deux
ministères sont censés générer des devises pour le gouvernement et se consacrent par
conséquent à des activités destructrices de forêts, à savoir respectivement, la création de
plantations et l’exploitation forestière. Par ailleurs, alors que le ministère en charge de
l’environnement s’évertue à exfiltrer les populations installées dans certaines aires protégées, le
ministère en charge de l’éducation nationale y soutient la construction d’écoles et y affecte des
fonctionnaires.
Faiblesse des capacités institutionnelles
La plupart des institutions gouvernementales en charge de la conservation de la biodiversité en
Côte d’Ivoire sont confrontées à un manque crucial de moyens financiers, techniques et humains.
Avec de très petits budgets annuels, ils peuvent difficilement planifier et mener leurs propres
activités de façon indépendante. Ainsi, il n’est pas surprenant que presque rien ne puisse être fait
pour la conservation efficace des zones protégées sans le soutien des grandes ONG
internationales et agences de coopération. La SODEFOR a ainsi tenté des collaborations avec
des entreprises privées d’exploitation forestière en leur confiant l’expansion et la mise en œuvre
de la gestion à long terme des concessions d’exploitation forestière, mais jusqu’ici, ils n’ont
obtenu que des résultats mitigés parce que la SODEFOR n’a pas les moyens de surveiller les
activités de ces sociétés.
En outre, la plupart des institutions gouvernementales de conservation se plaignent d’un manque
de personnel. Même lorsque le personnel est en nombre raisonnable, il ne dispose pas souvent
des équipements de base nécessaires pour être efficace et maîtrise peu les techniques