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(KFW/GTZ), le Fonds Français pour l’Environnement Mondial (FFEM), le
World Wildlife Fund
(WWF)
et
Conservation International
. En raison de la crise, le PCGAP a été évalué en 2003 et un
Programme intermédiaire réduit concentré aux aspects essentiels (assurance de l’intégrité des
aires protégées et maintien des relations avec les communautés riveraines) a été établi pour la
période de 2004 à 2007. La persistance de la crise a provoqué le départ ou la suspension
temporaire de tous les partenaires entre 2002 et 2004, à l’exception de la Coopération Allemande
(KFW/GTZ). Cette situation a fortement ralenti la mise en œuvre de toutes les activités incluant
l’adaptation du cadre institutionnel.
Parallèlement à l’élaboration du PCGAP et pour mieux s’engager dans une approche
multisectorielle de gestion durable des forêts en Côte d’Ivoire, a été créé, le 27 juin 2001, par
décret présidentiel, un Comité Interministériel de Coordination et de Pilotage de la Politique
Forestière (CICPPF). Le secrétariat de ce Comité Interministériel était assuré par une Cellule
Technique Pluridisciplinaire (CTP) créée en décembre 2001 par un arrêté conjoint du Premier
ministre, des Ministres des Eaux et Forêts et de l’Économie et des Finances. Dans son
fonctionnement, cette Cellule Technique bénéficiait de l’assistance d’un expert international
recommandé par les bailleurs de fonds.
Pourquoi il ne suffit pas de légiférer et mettre en place des institutions
Méconnaissance et insuffisance d’application des lois
De l’avis de spécialistes, la législation ivoirienne constitue une base solide pour une gestion
efficace des ressources naturelles si elle est bien appliquée (Lauginie, 2007). Les premières
causes des difficultés rencontrées dans ce domaine sont donc à rechercher au niveau de
l’application des lois nationales et des conventions internationales ratifiées par le pays. À ce
niveau, la méconnaissance ou la violation délibérée des lois par les individus et les entreprises
est fréquente à plusieurs niveaux. Par exemple, des milliers de personnes se sont installées dans
les forêts classées et même dans certains parcs nationaux pour y créer des plantations de
cacaoyers et de caféiers. Il n’est pas non plus rare que d’importants projets agroindustriels soient
lancés sans aucune étude d’impact environnemental, contrairement aux dispositions du Code de
l’Environnement.
Comme indiqué plus haut, la législation ivoirienne actuelle a été largement inspirée de celle
élaborée pendant la période coloniale et les lois sont donc souvent en inadéquation avec les
réalités ivoiriennes. Par exemple, l’interdiction totale de la chasse en vigueur depuis 1974 est
généralement perçue comme étant surréaliste dans un pays où des castes de chasseurs existent
dans certains groupes ethniques. D’ailleurs, très peu de personnes ont connaissance de cette
interdiction de la chasse et la plupart des juges ont du mal à pénaliser les braconniers même
lorsque ceux-ci ont été pris en flagrant délit dans les parcs nationaux avec des butins de chasse
impressionnants.