Page 7 - Forets_et_humains_Etude_complete_Chap_06

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diverses valeurs des forêts et le Protocole de Nagoya encourage les liens entre celles-ci. On peut
dès lors penser que ces forces directrices permettront d’engendrer des pressions positives
capables tout au moins d’atténuer l’effet des pressions négatives décrites précédemment.
Plusieurs articles dans les chapitres précédents abordent ces problématiques. Enfin, depuis vingt
ans, le progrès des superficies de forêts certifiées laisse croire que de plus en plus de territoires
forestiers dans le monde sont gérés dans un souci de durabilité.
En 2012, le bilan des pressions négatives l’emporte nettement. En conséquence, les forêts
continuent de disparaître. Il importe de mieux comprendre les causes de cet état pour agir à la
source et arrêter la déforestation et la dégradation des forêts, sous peine de voir les services
qu’elles rendent à l’humanité s’étioler. Cela ne pourrait que signifier une augmentation de la
pauvreté pour ceux qui dépendent des forêts.
Retour sur les bénéfices tangibles et intangibles liés aux forêts
Les forêts ne sont pas les poumons de la planète. Leur contribution à la régulation de la quantité
d’oxygène dans l’atmosphère est de l’ordre de 0,0005 %. Cependant, elles doivent être protégées
pour les multiples services autres qu’elles rendent à l’humanité.
Comme l’explique Olivier Guillitte, la forêt comprise comme un écosystème exerce des fonctions
écologiques essentielles :
captation de l’énergie solaire et redistribution de cette énergie sur lesquelles l’homme peut
agir à l’intérieur du système (éclaircies, modification du peuplement…);
transport et recyclage des minéraux et de la matière organique à travers le réseau
alimentaire dont l’homme peut faire partie;
transport et redistribution des diaspores dont l’homme peut être un agent;
formation et maintien du sol en place pour lesquels l’homme peut apporter des actions
correctives ou complétives;
conservation de la biocénose pour laquelle l’homme peut apporter des actions correctives
ou complétives et dont l’homme peut faire partie s’il y habite.
Ces fonctions produisent des services de support (ou d’appui) aux autres services
écosystémiques qui sont rendus en son sein ou à l’extérieur de la forêt. On en distingue trois
types :
1) Les services dits de régulation (difficilement quantifiables) :
régulation du climat local (ombrage, évapotranspiration) ou global, dont la
captation du carbone;
régulation des flux hydriques
purification des eaux et de l’air, et traitement des déchets;
régulation des flux des diaspores;