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les forêts tant au niveau des superficies agricoles qui sont exigées pour nourrir les animaux que
pour la demande de pâturages qui sont souvent fragilisés et dégradés par des pratiques
inadéquates.
Ces phénomènes devraient contribuer à augmenter les sources d’émissions de gaz à effet de
serre et, si la tendance se maintient, la concentration de CO
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devrait atteindre un niveau de 685
parties par million en 2050 en l’absence d’un accord contraignant mondial mis en œuvre
rapidement (OCDE, 2012). Cette concentration dépasse largement les 450 parties par million
jugée limite à ne pas dépasser au vingt-et-unième siècle par le GIEC pour éviter des
changements climatiques dangereux.
Les changements climatiques sont causés d’abord par l’augmentation soutenue des gaz à effet
de serre résultant de la consommation de carburants fossiles (charbon, pétrole et gaz) pour la
production d’électricité, le transport, l’industrie et le logement, et ils constituent une autre force
directrice susceptible d’occasionner des pressions sur les forêts mondiales. Entre 10 et 15 % des
émissions de GES mondiales sont attribuables au déboisement.
Les changements climatiques affecteront non seulement les températures, mais aussi le régime
des précipitations et de ce fait peuvent exercer des pressions négatives sur les forêts en
entraînant un changement des conditions de résilience des écosystèmes forestiers et une
augmentation des perturbations associées à des périodes de sècheresse prolongées. On prévoit
aussi une pression accrue pour le défrichage en zones tropicales humides pour remplacer des
surfaces agricoles rendues improductives par le déficit de précipitations. Enfin, il y aura une
demande accrue de carburants de substitution résultant soit d’agro-carburants, soit de plantations
à vocation énergétiques, soit de carburants lignocellulosiques. Ces facteurs affecteront surtout les
forêts tropicales humides.
Toutefois, la migration des isothermes dans l’hémisphère nord devrait rendre de grandes zones
propices à l’établissement de forêts boréales. Le changement se produira fort probablement à
une vitesse incompatible avec la capacité de migration des arbres. De ce fait, l’établissement de
nouvelles forêts ne sera sans foute pas significative sans l’intervention humaine.
La surface forestière mondiale est de plus en plus représentée par des plantations. Cela tend à
augmenter la superficie classifiée comme forêt dans les bilans. Toutefois, plusieurs mettent en
doute que certains types de plantations, à haute artificialité puissent encore conserver les
fonctions propres à une forêt.
Au rang des pressions positives, la communauté internationale a reconnu depuis les accords de
Marrakech la pertinence des forêts dans la lutte aux changements climatiques et à la Conférence
de Bali, la possibilité d’accorder une rémunération pour la bonne gestion des stocks forestiers par
le mécanisme REDD+. Ce mécanisme permet d’espérer générer des incitatifs au maintien et à
l’augmentation des stocks de carbone forestier dans les zones intertropicales. Par ailleurs, les
grandes conventions issues de Rio permettent toutes trois de prendre en considération les