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associés. Cela change la perspective d’une définition de forêt uniquement orientée sur la
présence d’arbres comme celle de la FAO.
On peut donc se poser la question : « la définition de la FAO est-elle une bonne base pour
positionner le débat de l’économie verte en forêt comme moyen de lutte contre la pauvreté? » En
d’autres termes, ce référentiel permet-il de bien appréhender les fonctions autres que purement
économiques de la forêt, par exemple les fonctions écosystémiques sous-tendues par les
préceptes de l’économie verte? Ne faudra-t-il pas à l’issue de cette analyse s’assurer à ce que les
éventuelles nécessaires adaptations de ce référentiel soient bien prises à RIO+20 dans les
résolutions en faveur de l’économie verte en forêt?
Rappel de ce que devrait être l’économie verte, ses pièges et ses opportunités, ses liens
avec la forêt et le développement durable
Selon le dictionnaire de l’environnement et du développement durable
1
, «
l’économie verte
recouvre l’ensemble des activités économiques liées directement ou indirectement à la protection
de l’environnement. L’économie verte recouvre ainsi la gestion des ressources rares, les énergies
renouvelables, le changement climatique, la prévention des risques, ou encore la gestion des
déchets »
. Pour le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) toutefois, il s’agit
d’«
une économie qui entraîne une amélioration du bien-être humain et de l’équité sociale, tout en
réduisant de manière significative les risques environnementaux et la pénurie de ressources. »
(PNUE, 2010)
La différence n’est pas anodine, la première définition traitant du sujet de
l’économie verte, la deuxième de sa fonction. C’est toutefois la première définition, celle de
l’activité économique portant sur les questions environnementales qui est le plus souvent trouvée
dans ses diverses déclinaisons, c’est-à-dire une activité économique améliorant l’environnement.
L’élargissement de perspective du PNUE est intéressant ici puisqu’il met l’économie au service
du développement durable, avec ses impératifs sociaux environnementaux et éthiques. C’est
donc dans cette deuxième acceptation de l’économie verte que la forêt prend racine pour la
présente analyse. En effet, les forêts fournissent un ensemble de services environnementaux qui
favorisent une amélioration du bienêtre humain tout en réduisant de manière significative les
risques environnementaux, reste la dimension de l’équité sociale, pour laquelle la forêt n’a
naturellement pas de rôle et pour laquelle il faut que les termes de l’échange économique soient
rééquilibrés si l’on veut satisfaire à la définition du PNUE.
Ce rééquilibrage ne peut être fait que par une intervention délibérée qui reconnaisse la valeur des
services divers générés par des forêts en bonne santé et qui rémunère ceux qui en assurent la
conservation. L’économie verte appelle donc à une réforme des relations économiques
traditionnelles entre les consommateurs et bénéficiaires des services écosystémiques générés
par les forêts, peu importe où ils se trouvent et ceux qui, vivant à proximité, doivent agir de
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Source :
consulté le 22 avril
2012