i
Conclusion
Dans le présent ouvrage, 35 auteurs de la Francophonie ont exploré les diverses composantes
du thème des forêts et de l’économie verte pour le développement durable et l’éradication de la
pauvreté. Dans les six chapitres précédents, ils ont identifié les pièges et les opportunités que
présente l’économie verte dans le domaine de la forêt à l’échelle mondiale.
Les pressions qui s’exercent sur les forêts et la manière dont l’humanité menace par son
développement économique et son expansion démographique les fonctions de ces écosystèmes
inquiètent. En effet, si les fonctions de la forêt sont fragilisées, il est normal que les services
qu’elles rendent à l’humanité le soient aussi. À cet égard, le bilan des forces qui s’exercent sur
les forêts, surtout tropicales, est négatif. Détruites par la recherche de terres agricoles, pour les
grandes et les petites cultures, surexploitées pour le bois de feu des ménages pauvres et par
l’exploitation illégale des grumes, détruite pour la construction d’infrastructures ou l’exploitation
des ressources minières, les forêts disparaissent à un rythme insoutenable. Plus encore, le
remplacement de forêts naturelles par des plantations fragilise la capacité des territoires
forestiers à rendre à l’humanité l’ensemble des services auxquels elle peut s’attendre de forêts en
santé. Dans un contexte de changements climatiques, le niveau d’incertitude n’est que plus
grand. D’une certaine manière, en ne prenant pas en considération le maintien des fonctions des
écosystèmes forestiers, nous scions la branche sur laquelle nous sommes collectivement assis.
La définition la plus souvent rencontrée de l’économie verte recouvre l’ensemble des activités
économiques liées directement ou indirectement à la protection de l’environnement
.
Pour le
Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), il s’agit pourtant d’«
une économie
qui entraîne une amélioration du bien-être humain et de l’équité sociale, tout en réduisant de
manière significative les risques environnementaux et la pénurie de ressources ».
Cette nouvelle
approcha amène un changement de perspective
du sujet de l’économie verte vers sa fonction.
L’élargissement de perspective du PNUE est intéressant ici puisqu’il met l’économie au service
du développement durable, avec ses impératifs sociaux environnementaux et éthiques.
C’est donc dans cette deuxième acception de l’économie verte que la forêt prend racine. En effet,
les forêts fournissent un ensemble de services environnementaux et de ressources qui entraînent
une amélioration du bien-être humain tout en réduisant de manière significative les risques
environnementaux. Reste la dimension de l’équité sociale, pour laquelle la forêt n’a naturellement
pas de rôle et pour laquelle il faut que les termes de l’échange économique soient rééquilibrés si
l’on veut satisfaire à la définition du PNUE. Ce rééquilibrage ne peut être fait que par une
intervention délibérée reconnaissant la valeur des services divers générés par des forêts en
bonne santé et rémunérant ceux qui en assurent la conservation. Il appelle donc à une réforme
des relations économiques traditionnelles entre les consommateurs et bénéficiaires des services
écosystémiques générés par les forêts et ceux qui, vivant à proximité, doivent agir de manière à
les préserver.