ii
Il s’agit donc de voir ici comment une économie qui se veut verte peut contribuer à la réduction de
la pauvreté. Il existe en effet un lien proche entre la pauvreté et la dépendance aux écosystèmes
forestiers dans le monde actuel. Les auteurs des différents chapitres nous ont donné des pistes
pour contribuer à l’atteinte de cet objectif et nous mettent aussi en garde contre les pièges qui s’y
cachent.
Le premier chapitre a présenté une analyse sur les forces directrices qui résultent de l’évolution
de l’humanité et de sa relation avec les forêts et fait état des pressions qui s’exercent sur les
forêts du monde. Par la suite, on creuse la définition d’une forêt en tenant compte de différents
paramètres dont ses fonctions écologiques. On y décrit enfin et classifie les services que la forêt
rend à l’humanité et qui interpellent la notion d’économie verte.
Le chapitre 2 nous a permis d’apprécier l’importance et la légitimité des services culturels,
sociaux et spirituels de la forêt, une fonction intangible attribuable à l’interaction des humains et
de l’écosystème. Le défi pour l’économie verte est de prendre en considération, non seulement
l’existence de cette dimension, mais sa valeur réelle et de rétablir les termes de l’échange. Si les
savoirs traditionnels des peuples forestiers présentent une valeur ajoutée pour les fonctions de
conservation et d’exploitation des ressources ligneuses et non ligneuses des forêts, il faut que
cette valeur soit reconnue et rétribuée de telle façon que ces populations, détentrices de savoirs,
ne soient pas contraintes par la pauvreté à chercher ailleurs leur subsistance et à oublier ces
savoirs séculaires.
Si par ailleurs ces cultures peuvent nous apprendre plus sur nous-mêmes comme humanité, il
faut leur consacrer plus que des musées. L’économie verte doit donc élargir ses cadres et
favoriser des transferts de richesse vers les gens qui sont les intendants des forêts depuis des
millénaires. Ces populations étant parmi les plus démunies du monde, elle contribuera ainsi à
l’éradication de la pauvreté telle que préconisée par les Objectifs du Millénaire. Reste à savoir
comment cela peut être fait. Parmi les pistes, l’écotourisme est une façon de prendre en
considération la valeur intrinsèque des cultures issues de la forêt. Cette forme de développement
reste toutefois limitée dans son potentiel, car le nombre de personnes qui la pratiquent peut
devenir un facteur limitant, tant pour l’expérience recherchée que pour la capacité d’accueil des
communautés et des écosystèmes.
Dans le troisième chapitre, on a pu explorer la notion des services environnementaux d’appui et
de régulation liés à la forêt. Ceux-ci comprennent la biodiversité, la régulation du cycle de l’eau, la
pédogénèse et la séquestration du carbone entre autres. On peut poser l’hypothèse que le
paiement pour ces services pourrait être une façon de mettre en pratique l’économie verte. Ces
paiements doivent toutefois être suffisamment élevés pour inciter réellement les populations à
conserver des forêts en santé tout en y pratiquant des activités qui leur permettent de satisfaire
leurs besoins. En ce sens, les mécanismes de marché ne sont pas de toute évidence les
meilleurs, puisqu’ils cherchent à mettre en compétition les producteurs de services pour obtenir le
plus bas prix. Ils ne sont pas en ce sens appropriés pour réduire la pauvreté par une meilleure