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Bernard BoNNet

Bernard Bonnet est salarié et membre de l’iram depuis 1988. Géographe, agronome et zootechnicien, il
œuvre principalement en afrique de l’ouest, en soutien aux organisations des éleveurs, accompagnement
du développement local, gestion des ressources renouvelables et conservation des espaces naturels. i l s’in-
vestit également dans la formation et est l’auteur de nombreux articles, notamment sur les enjeux liés au
pastoralisme dans le Sahel. i l est membre du Comité Scientifique Français de la d ésertification et du Conseil
d’orientation de l’institut des régions Chaudes.







b.bonnet@iram-fr.org









importance du pastoralisme : pasteurs ont développé une stratégie de mobilité saison-
dans le monde et en afrique nière et interannuelle opportuniste qui permet de recher -
cher et d’utiliser les ressources fourragères là où elles se
Le pastoralisme est un système d’élevage basé sur la mobi - sont développées au sein des pâturages de la meilleure
lité des troupeaux accompagnés le plus souvent par les qualité (Toutain et al., 2012).
hommes, et sur l’exploitation des pâturages naturels. Il Cette mobilité est pilotée selon des pratiques et traditions
s’agit d’une forme d’élevage très répandue à l’échelle ancestrales (bergers et bouviers ; couloirs de transhumance ;
mondiale tant sur le plan des surfaces valorisées que par habitats mobiles ou saisonniers ; réseaux sociaux d’infor-
les popu lations concernées et la part des productions ani - mation et de gestion des ressources et des espaces ; regrou-
males (4 milliards d’hectares ; 30 % des surfaces terrestres, pements et cérémonies saisonnières…). Ces pratiques
environ 200 millions de personnes souvent parmi les plus permettent une gestion adaptative et souvent collective de
pauvres ; 70 % de la production mondiale de viande ; FAO, ressources en s’appuyant sur une hiérarchie de droits per -
2006). Ces formes d’élevage valorisent le plus souvent des mettant une certaine régulation de l’accès aux ressources
écosystèmes fragiles et à faible productivité (zones de et un ajustement relatif de la présence des troupeaux à la
montagne ; steppes semi-arides ou froides) qui présentent qualité et à la quantité de pâturage disponible.
de fortes irrégularités spatiales et temporelles de res-
sources liées aux variabilités climatiques comme au Sahel Dans la plupart des situations à l’échelle globale, ces
(cf. figure 1). Pour s’adapter à ces conditions difficiles, les espaces pastoraux sont aujourd’hui, sous l’effet de la

























Figure 1 : Écart à la moyenne interannuelle de la pluviométrie au Sahel occidental entre 1900 et 2011 (selon Touré et al., 2012).
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