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l’agropastoralisme, activité indispensable à un développe - • Gérer dans les territoires une gouvernance multi-acteurs
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ment durable en zone aride . Face à ce défi d’envergure complexe : garder un pouvoir de décision sur les
internationale, l’action localisée dans les territoires concer - actions/projets à mettre en œuvre, et assumer pleine-
nés est indispensable. L’implication des autorités locales y ment un rôle de maitrise d’ouvrage communale ;
est essentielle pour rechercher et mettre en œuvre des mobiliser les acteurs du territoire autour de la stratégie
solutions à la fois adaptées aux situations et aux besoins de développement territorial, élaborer et animer des
de leurs territoires, et acceptées par tous les acteurs concer - dispositifs de gouvernance propres à chaque cas, dis-
nés par leur mise en œuvre. poser d’outils pour cadrer les relations.
Les collectivités locales, pilotes des • Sensibiliser les habitants au développement de la GDT
dans leur territoire : mobiliser les acteurs (populations
territoires depuis la décentralisation, et organisations locales), disposer de solutions accep-
mais en manque de moyens et tées, basées sur des processus de négociation préalable,
de capacités et organiser la mise en place et le fonctionnement de
cadres de concertation à l’échelle des territoires.
Depuis une vingtaine d’années, les processus de décen-
tralisation sont au cœur des réformes institutionnelles et • Sécuriser et pérenniser du financement pour les projets
de démocratisation en Afrique. Ils prévoient le transfert de gestion durable des terres : identifier les besoins de
de pouvoirs, de compétences, de biens et de ressources du financements externes pour compléter leurs ressources
niveau central aux niveaux régional et local. Ils visent la propres et mettre en place une stratégie de recherche
mise en place de services adaptés aux besoins locaux avec, de fonds.
entre autres, une meilleure gestion des ressources natu-
relles, et accordent une place importante à la participation Préparer l’accompagnement
des habitants. La décentralisation offre un cadre privilégié et le renforcement de capacités
à la gouvernance locale, car elle favorise une gestion des de ces collectivités : la démarche
affaires locales et une prise de décision concertée entre de construction d’un module
pouvoirs publics et populations. de form’action
Si la décentralisation est porteuse d’espoirs pour les popu -
lations et constitue un instrument privilégié de lutte Pour combler le déficit de capacité des collectivités locales
contre la pauvreté, beaucoup de défis restent à relever. En en zones rurales, un module de « form’action » a été
effet, dans la plupart des pays de la région, la décentrali- construit de manière collaborative (collectivités locales,
sation souffre de nombreuses faiblesses, dont le manque ONG et formateurs de 5 pays : Burkina Faso, Mali, Niger,
de cadre juridique clair qui entraine une certaine confu- Sénégal, Tchad), en tenant compte des réalités vécues par
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sion des responsabilités, le manque de moyens pour les acteurs . Cette « form’action » permet d’accompagner
élaborer et mettre en œuvre des politiques locales, des une collectivité (élus et services techniques) pour trans-
mécanismes de participation et de dialogue entre pouvoirs former une idée en projet opérationnel, en assurant une
publics et citoyens qui restent encore insuffisants, et enfin alternance entre séances « en salle » et rencontres de terrain.
un manque crucial de ressources humaines qualifiées. Il s’agit par là de favoriser une dynamique d’inclusion des
acteurs du territoire, tout en donnant aux formateurs un
Pour assurer une Gestion Durable des Terres, les commu - rôle de facilitateur, au service de la collectivité. La visée
nes du Sahel ont besoin de ressources humaines compé- de ce module de « form’action » est donc à la fois la produc -
tentes pour : tion d’un pré-document de projet simple, et le renforce-
• Maitriser les enjeux liés à la dégradation des terres et ment des capacités de la collectivité dans une démarche
leur intégration dans une planification territoriale : être « d’apprendre en faisant ». Ce module vise aussi à mobiliser
en mesure d’analyser sur son territoire les conséquences
de la dégradation des terres, d’identifier avec les habi -
tants les solutions à apporter et de construire une 3. Des enquêtes terrain, forums électroniques et ateliers régionaux
stratégie d’action à moyen et long terme. ont été réalisé dans le cadre du projet FLEUVE (Front Local
Environnemental pour une Union Verte), financé par l’Union
Européenne et porté par le Mécanisme Mondial. Le CARI a
2. Harouna, Kindo. « Dégradation des terres et pauvreté au Sahel coordonné la composante régionale visant l’élaboration du
et en Afrique de l’Ouest - Médiaterre, » 2007. http://www. module de form’action, en s’appuyant sur l’expertise du CIEDEL
mediaterre.org/afrique-ouest/actu,20070810134619.html en matière d’ingénierie de formation.
Désertification et système terre, de la (re)connaissance à l’action 105
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ment durable en zone aride . Face à ce défi d’envergure complexe : garder un pouvoir de décision sur les
internationale, l’action localisée dans les territoires concer - actions/projets à mettre en œuvre, et assumer pleine-
nés est indispensable. L’implication des autorités locales y ment un rôle de maitrise d’ouvrage communale ;
est essentielle pour rechercher et mettre en œuvre des mobiliser les acteurs du territoire autour de la stratégie
solutions à la fois adaptées aux situations et aux besoins de développement territorial, élaborer et animer des
de leurs territoires, et acceptées par tous les acteurs concer - dispositifs de gouvernance propres à chaque cas, dis-
nés par leur mise en œuvre. poser d’outils pour cadrer les relations.
Les collectivités locales, pilotes des • Sensibiliser les habitants au développement de la GDT
dans leur territoire : mobiliser les acteurs (populations
territoires depuis la décentralisation, et organisations locales), disposer de solutions accep-
mais en manque de moyens et tées, basées sur des processus de négociation préalable,
de capacités et organiser la mise en place et le fonctionnement de
cadres de concertation à l’échelle des territoires.
Depuis une vingtaine d’années, les processus de décen-
tralisation sont au cœur des réformes institutionnelles et • Sécuriser et pérenniser du financement pour les projets
de démocratisation en Afrique. Ils prévoient le transfert de gestion durable des terres : identifier les besoins de
de pouvoirs, de compétences, de biens et de ressources du financements externes pour compléter leurs ressources
niveau central aux niveaux régional et local. Ils visent la propres et mettre en place une stratégie de recherche
mise en place de services adaptés aux besoins locaux avec, de fonds.
entre autres, une meilleure gestion des ressources natu-
relles, et accordent une place importante à la participation Préparer l’accompagnement
des habitants. La décentralisation offre un cadre privilégié et le renforcement de capacités
à la gouvernance locale, car elle favorise une gestion des de ces collectivités : la démarche
affaires locales et une prise de décision concertée entre de construction d’un module
pouvoirs publics et populations. de form’action
Si la décentralisation est porteuse d’espoirs pour les popu -
lations et constitue un instrument privilégié de lutte Pour combler le déficit de capacité des collectivités locales
contre la pauvreté, beaucoup de défis restent à relever. En en zones rurales, un module de « form’action » a été
effet, dans la plupart des pays de la région, la décentrali- construit de manière collaborative (collectivités locales,
sation souffre de nombreuses faiblesses, dont le manque ONG et formateurs de 5 pays : Burkina Faso, Mali, Niger,
de cadre juridique clair qui entraine une certaine confu- Sénégal, Tchad), en tenant compte des réalités vécues par
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sion des responsabilités, le manque de moyens pour les acteurs . Cette « form’action » permet d’accompagner
élaborer et mettre en œuvre des politiques locales, des une collectivité (élus et services techniques) pour trans-
mécanismes de participation et de dialogue entre pouvoirs former une idée en projet opérationnel, en assurant une
publics et citoyens qui restent encore insuffisants, et enfin alternance entre séances « en salle » et rencontres de terrain.
un manque crucial de ressources humaines qualifiées. Il s’agit par là de favoriser une dynamique d’inclusion des
acteurs du territoire, tout en donnant aux formateurs un
Pour assurer une Gestion Durable des Terres, les commu - rôle de facilitateur, au service de la collectivité. La visée
nes du Sahel ont besoin de ressources humaines compé- de ce module de « form’action » est donc à la fois la produc -
tentes pour : tion d’un pré-document de projet simple, et le renforce-
• Maitriser les enjeux liés à la dégradation des terres et ment des capacités de la collectivité dans une démarche
leur intégration dans une planification territoriale : être « d’apprendre en faisant ». Ce module vise aussi à mobiliser
en mesure d’analyser sur son territoire les conséquences
de la dégradation des terres, d’identifier avec les habi -
tants les solutions à apporter et de construire une 3. Des enquêtes terrain, forums électroniques et ateliers régionaux
stratégie d’action à moyen et long terme. ont été réalisé dans le cadre du projet FLEUVE (Front Local
Environnemental pour une Union Verte), financé par l’Union
Européenne et porté par le Mécanisme Mondial. Le CARI a
2. Harouna, Kindo. « Dégradation des terres et pauvreté au Sahel coordonné la composante régionale visant l’élaboration du
et en Afrique de l’Ouest - Médiaterre, » 2007. http://www. module de form’action, en s’appuyant sur l’expertise du CIEDEL
mediaterre.org/afrique-ouest/actu,20070810134619.html en matière d’ingénierie de formation.
Désertification et système terre, de la (re)connaissance à l’action 105

