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3) Les services culturels (inquantifiables ou difficilement quantifiables)
préservation d’un patrimoine naturel exceptionnel et unique dont la valeur est
inestimable;
entretien d’un imaginaire collectif et d’un lieu de spiritualité ou de culte autour
des symboles que renferme la forêt à travers ce patrimoine naturel et en
particulier les arbres;
préservation des traces des usages anciens ou de la mémoire des
évènements historiques;
production de paysages signifiants;
source importante d’inspiration artistique;
conservation d’un lieu privilégié de détente, de loisir, de ressourcement et
d’apprentissage cognitif ou intuitif, positif pour la santé mentale et physique
de l’homme
.
Les valeurs associées aux services écosystémiques
Tous ces services écosystémiques sont donc susceptibles d’apporter des bénéfices associés à
des valeurs. Le TEEB distingue ainsi :
les approches biophysiques (correspondant aux services de soutien) qui déterminent :
o
une valeur d’assurance liée à la résilience et aux probabilités de changements;
o
une consommation physique avec des coûts énergétiques ou de flux de matières;
les approches fondées sur les préférences (correspondant aux autres services avec des
valeurs de rendements) qui distinguent :
o
une valeur d’usages directs et indirects ou d’option (liée aux services
d’approvisionnement ou de régulation);
o
une valeur hors consommation (liée aux services culturels).
Grâce à ces méthodes d’évaluation, on peut arriver à la conclusion contraire que la forêt peut
dans certains cas conduire à des pertes écosystémiques. Diverses interventions inappropriées
expliquent ce résultat comme la plantation d’essences déplacées (conduisant à de l’acidification
ou à de l’érosion), exotiques (introduisant des espèces invasives ou créant un véritable désert
biologique), en monoculture, l’introduction d’intrants (conduisant à la pollution des eaux et des
sols), d’OGM, le maintien artificiel d’excès de gibier ou de bétail, la surexploitation des
ressources, la fragmentation de l’espace forestier… ou simplement l’insertion d’une forêt où il ne
doit pas y en avoir (effet de barrière ou au contraire de corridor inapproprié, cause de perte de
biodiversité).
Le développement de l’économie verte en forêt doit viser l’optimalisation des bénéfices
écosystémiques issus de cette forêt et la minimalisation et la compensation des pertes
écosystémiques produites par cette même forêt. Cette économie repose donc sur le bon
fonctionnement de la forêt et sur sa résilience. Le cercle vertueux de l’économie verte passe par