Page 17 - Forets_et_humains_Etude_complete_Chap_02

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L’évidence de la nécessité du discours scientifique et du discours économique ne doit pas faire
oublier l’importance que revêt la forêt tant pour la pérennité des cultures que pour le bien-être
mental et la vie spirituelle des humains. Les discours économique et scientifique sont privilégiés
par certains acteurs, les discours symboliques, éthiques, imaginaires, culturels sont portés
explicitement par d’autres. Comprendre les humains en lien avec la nature, c’est accepter que
l’ensemble de ces représentations sont valides et pertinentes. Pour prendre ceci en
considération, il importerait d’élargir l’idée du développement des capacités pour les nations
moins développées au partage des connaissances entre les humains de toutes les nations. Et
pour cela, il faut sans doute accepter de revoir au nord les pratiques de consommation qui
prévalent dans les pays industrialisés et remettre en question l’idée que ce modèle de
développement est le seul souhaitable pour le monde entier.
Les conceptions culturelles de l’homme et de la nature varient d’une époque à une autre et d’une
société à une autre. C’est le thème de la prochaine section.
1.2 La relation homme-nature
Toutes les cultures ne font pas les mêmes distinctions entre les humains et les non-humains.
L’homme, être biologiquement uniforme sur toute la planète aujourd’hui a produit une diversité de
croyances, de valeurs, de représentations de la nature et du lien qu’il entretient avec la nature. Et
si nous sommes tous semblables par nature, nous sommes aussi tous différents par culture.
Cette différence est une richesse même si l’histoire montre que cette affirmation est loin d’être
une évidence.
Pour explorer cette partie du chapitre, les ressources de l’anthropologie sont utilisées parce cette
approche «
montre que ce qui paraît éternel, ce présent dans lequel nous sommes enfermés à
l’heure actuelle, est tout simplement une façon, parmi des milliers d’autres qui ont été décrites, de
vivre la condition humaine
» (Descola, 2010, p.38).
La culture est le produit de l’action humaine qui s’exprime dans des idées, des institutions, un
langage, des objets. Les représentations sociales renseignent en partie sur la culture. Elles sont
« un système de savoirs pratiques (opinions, images, attitudes, préjugés stéréotypes, croyances),
générés en partie dans des contextes d’interactions interindividuelles ou/et inter-groupaux.
(Seca,
2001, p 11). Les représentations sociales varient évidemment en fonction des cultures, mais
aussi en fonction de l’humain qui les porte, de son statut ou position. Elles ne sont pas statiques
et se modifient dans les interactions que les humains ont avec d’autres humains, mais aussi en
lien avec un environnement changeant.
Dans certaines cultures, il semble assez facile de
distinguer ce qui relève de la nature et ce qui relève de la culture : la nature existerait
indépendamment de toute volonté humaine comme les forêts, le vent, l’océan, le cosmos, etc. Or
cette représentation sociale est d’ordre métaphysique : cette croyance ou ce paradigme est issu
de la pensée occidentale et lui est propre. Peut-on en effet considérer que les forêts européennes