Page 23 - Forets_et_humains_Etude_complete_Chap_02

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nature pour que les potentialités des uns et de l’autre s’actualisent de manière co-construite et
évolutive.
L’éthique est pratiquée : elle est humaniste (valorise la conscience et la bienveillance humaines),
basée sur des valeurs (liberté et responsabilité pour les humains) et elle tient compte des causes
et des conséquences en les voyant comme agissant l’une sur l’autre autant pour l’humain que
pour la nature.
Ce modèle éthique conduit à humaniser l’humanité dans ses relations à la nature et pour cela à
valoriser le dialogue entre les humains.
Voir les forêts comme des « partenaires » et pas seulement comme des « ressources » ou
seulement comme ayant une valeur intrinsèque ou sacrée permet de réfléchir sur les
interventions humaines dans la nature comme s’il s’agissait de mettre en œuvre une sorte de
contrat qui devrait donner satisfaction tant à l’humain qu’à la nature. Concevoir un co-pilotage,
une interinfluence entre les humains et la nature permettrait de participer à un monde plus libre
(démocratique, diminue les inégalités), plus juste (création et répartition des richesses surtout
avec les plus démunis, l’économie est un moyen et pas une fin), plus vert (partenariat avec la
nature) et plus responsable (en portant la responsabilité avec les générations antérieures de la
planète que nous laisserons aux générations futures).
1.4 La forêt symbolique
« Jadis les arbres étaient des gens comme nous, mais plus solides, plus heureux,
plus amoureux peut-être, plus sages »
(Jacques Prévert)
L’imaginaire vient à la rescousse de la logique quand celle-ci est impuissante à répondre de
manière satisfaisante à une question qui se pose avec insistance. «
La mythologie naît souvent
de la profonde angoisse causée par des problèmes essentiellement pratiques, et qui ne peut être
apaisée par des arguments purement logiques »
(Armstrong, 2005, p. 33).
La forêt sacrée n’est pas un bien, même rare. C’est une forêt humanisée, non pas anthropisée ou
transformée pour répondre à des besoins tangibles, à des besoins d’avoir. Une forêt humanisée
est à haute valeur symbolique, elle est une partie de notre humanité, de notre être, elle répond à
un besoin d’être. Même si les églises et les temples sont désertés, du moins en Occident, les
humains continuent à avoir besoin de réponses à leurs questions existentielles et ils ont besoin
partout à travers le monde d’une vie spirituelle significative. Dans les pays industrialisés, la nature
se voit parfois investie du caractère sacré ou divin que l’on trouvait auparavant dans les églises.
Consommer toujours plus peut donner l’illusion de la plénitude, mais le vide intérieur revient en
force pour rappeler que nous sommes aussi des êtres d’imaginaires, de symboles, de spiritualité
en lien avec ce qui est plus grand (Dieu, la Vie, le cosmos… en fonction des croyances).