Page 31 - Forets_et_humains_Etude_complete_Chap_02

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trouver un chemin plus adéquat pour inventer leur avenir. Il a aujourd’hui 55 ans et vit sur un
territoire qu’il a acheté couvert de broussailles et sur lequel il a planté plus de 3000 arbres. Il
gère une petite entreprise d’écotourisme spirituel sur son domaine. Il a complètement
abandonné l’alcool, la drogue et la délinquance, et il aide les jeunes de sa communauté pour
qu’ils choisissent un autre chemin.
Nicole HUYBENS
, Ph.D., professeure à l’Université du Québec à Chicoutimi,
nicole_huybens@uqac.ca
.
« Le cèdre est l’un des bois sacrés propres aux rituels magiques dédiés à la Terre mère.
Dans les saunas, selon les Amérindiens, brûler ses aiguilles séchées ou sa sciure aide à relâcher
les énergies émotionnelles pénibles. Les petites branches de cèdre roulées ensemble servent à
fabriquer – avec de la sauge, de la verveine ou de la menthe – des bâtons (comme un énorme
cigare conique) de purification et de guérison. » (Fournier, 2003, p. 105).
1.6 Envisager les activités anthropiques en forêt en lien avec des situations culturelles
diverses
« La précieuse forêt, symbole du cercle éternel de la vie, est un rappel constant que nous ne
faisons qu’un, que nous faisons tous partie du grand cercle de la vie » (Thomas Quimby)
La sacralisation de certains écosystèmes pourrait faire penser qu’elle aboutit nécessairement à
préserver intégralement la forêt et à ne permettre que certaines activités de subsistance très peu
invasives ou seulement la pratique de rituels. C’est d’ailleurs le cas pour la forêt des kayas mais
ce n’est pas vrai pour les forêts des pygmées ni d’ailleurs pour la forêt guérison de l’Amérindien
du Québec. Interdire toute activité économique dans les forêts sacrées ne permettrait
probablement pas de penser l’économie verte du XXI
e
siècle. Cependant, écarter et rejeter l’idée
d’une inscription symbolique sur les forêts reviendrait à appauvrir l’humanité en culture, à
dénigrer le sens que les peuples forestiers donnent à leur vie et à anéantir des façons humaines
d’envisager le réel complexe. La reconnaissance des diverses façons culturelles d’envisager le
lien à la nature est peut-être un élément de solution pour penser un monde plus libre, plus juste,
plus vert et plus responsable et donc l’économie verte en lien avec les écosystèmes forestiers.
Un chercheur, Esoh Elame, de l’université de Venise (Italie) affirme qu’un développement viable
dans les forêts africaines s’appuie sur une décolonisation de la pensée en lien avec
l’aménagement forestier.
De leur côté, Mermet et Farcy (2011) ont établi une sorte de typologie de l’aménagement forestier
souhaitable en fonction des types de société. Nous présentons un résumé de l’article qu’ils ont
publié sur ce sujet et engageons le lecteur intéressé à y recourir.
1.6.1 Décoloniser l’aménagement forestier
Texte rédigé pour les besoins de ce chapitre par
Esoh ELAME, professeur à Università Cà
Foscari di Venezia, Centro Interateneo, Ricerca&Formazione Avanzata,
elame@unive.it