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gestion des forêts et des savoirs scientifiques modernes posent les bases de l’hybridation des
systèmes de gestion durable des forêts et de conservation de la biodiversité.
Des expériences effectives en ce moment en Afrique centrale, plus précisément au Cameroun et
au Congo Brazzaville, établissent des dispositifs de reconnaissance des usages coutumiers et de
cogestion des ressources biologiques dans les aires protégées et assurent l’identification, la
protection et la sécurisation des ressources clés, des sites cultuels et culturels des populations
locales et autochtones dans l’aménagement et la gestion des concessions forestières.
L’expérience relative à la conservation de la biodiversité se passe au Cameroun, dans le parc
national de Campo-Ma’an, qui fait partie intégrante de la forêt de Campo-M’an, dans la région du
sud du Cameroun. Le service de conservation de la biodiversité du parc national de Campo-
Ma’an et les populations autochtones « Pygmées »
Bagyéli
ont établi un mémorandum d’entente
pour la reconnaissance et l’exercice des usages coutumiers des ressources biologiques des
populations « Pygmées »
Bagyéli
à l’intérieur et à la périphérie du parc et pour l’utilisation de
leurs savoirs dans le suivi écologique de la gestion du parc et le développement de l’écotourisme.
1. La reconnaissance des usages coutumiers des populations Pygmées Bagyéli et la
cogestion des ressources biologiques du parc national de Campo-Ma’an au Cameroun
Situé dans la région forestière du Sud Cameroun, à la frontière avec la République de Guinée
équatoriale, le parc national de Campo-Ma’an et sa périphérie couvrent une superficie totale
d’environ 776 202 hectares comprenant, en plus du parc national d’une superficie de 264 064
hectares, deux concessions forestières, deux concessions agro-industrielles d’hévéa et de
palmier à huile et une zone agroforestière entourant les villages de la région. Les inventaires
fauniques effectués par le service de conservation révèlent la présence d’une faune et d’une flore
très diversifiée : 1500 plantes, dont 114 sont endémiques, 390 espèces d’invertébrés, 249
espèces de poissons, 80 espèces de grands mammifères, 122 espèces de reptiles et 302
espèces d’oiseaux. Le parc et sa périphérie abritent aussi des espèces de faune sauvage
menacées telles que l’éléphant, le buffle, le gorille de plaine, le chimpanzé, le mandrill, la
panthère et le pangolin géant (Ministère des Forêts et de la Faune, 2010).
La région est habitée par une population évaluée à environ 61 000 habitants, dont 600
populations « Pygmées » Bagyéli, soit environ 1 % de la population totale de Campo-Ma’an
(Akwah Neba, G et al., 2007). L’histoire de la conservation de la biodiversité dans la région
commence avec la création, le 19 novembre 1932, de la Réserve de Faune de Campo, par arrêté
du Commissaire de la République Française au Cameroun. Le 8 février 1995, le ministre de
l’Environnement et des Forêts crée le site prioritaire du Projet GEF/Biodiversité de Campo-Ma’an
dont la gestion devient effective en 1996.
Au fil des ans, le Gouvernement Camerounais et ses partenaires, en l’occurrence, la Coopération
Néerlandaise, le Fonds Mondial pour la Nature (WWF), la Banque Mondiale et le Réseau Africain