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des Forêts Modèles, prennent conscience de l’importance des ressources biologiques de ce
massif forestier et de la nécessité de sa gestion durable et bénéfique pour les générations
actuelles et futures. Cette prise de conscience conduit à la création d’une unité technique
opérationnelle (UTO), le 6 août 1999, pour assurer la gestion durable du massif et de sa
périphérie. Le 6 janvier 2000, le décret du Premier Ministre n° 2000/004/PM érige la zone centrale
de protection intégrale en parc national de Campo-Ma’an, avec une superficie de 264 064
hectares, comme une compensation environnementale du projet pipeline Tchad-Cameroun. Le
plan d’aménagement de la période 2006-2010, établi en conséquence de cette évolution
institutionnelle, vise à assurer la protection de la biodiversité du parc national de Campo-Ma’an et
de ses environs dans le contexte d’une utilisation planifiée de l’espace et d’une gestion durable
des ressources forestières et fauniques.
2. Les modes traditionnels d’occupation, d’utilisation et de gestion de l’espace et des
ressources forestières dans le massif forestier de Campo-Ma’an
Les relations et les interactions entre les « Pygmées » Bagyéli et la forêt sont profondes. Les
Bagyéli ont un attachement ontologique à la forêt comme cadre et moyen de vie. Leur vie
économique, sociale et culturelle reste dominée et rythmée par les liens existentiels avec la forêt.
Elle constitue et représente tout dans leur vie. Certes, comme l’ont souvent relevé les travaux de
terrain, toutes les populations forestières de la région ont un rapport à la forêt; mais elles n’ont
pas de relations avec la forêt de la même façon et dans la même intensité que les Bagyéli. Cette
relation est plus dense, intense et intime. La forêt est leur mamelle nourricière, leur gardienne et
leur protectrice, l’école de formation à la vie, la pourvoyeuse de médicaments, le lieu par
excellence de recueillement, de recréation, de repos et de réalisation des activités rituelles.
Comme l’a relevé le « Pygmée » Mbuti de Colin Turnbull,
« si nous quittons la forêt ou que la
forêt meurt, nous mourrons aussi; car nous sommes le peuple de la forêt »
. Les traditions
sociales construites, entretenues et maintenues autour de la forêt, d’une génération à l’autre, sont
valorisées et respectées en tant que symboles et fondements du maintien et de la reproduction
de l’ordre social.
Les connaissances traditionnelles de la forêt des Bagyéli vont être préservées et valorisées dans
les dispositifs de reconnaissance des usages coutumiers des ressources forestières établis dans
le mémorandum d’entente signé le 25 novembre 2011 entre le Conservateur du parc national de
Campo-Ma’an, représentant le Ministre des Forêts et de la Faune (MINFOF), le Préfet du
Département de l’Océan, représentant le Ministre de l’Administration Territoriale et de la
Décentralisation (MINATD) et les représentants des populations locales et autochtones riveraines
du parc national de Campo-Ma’an.