Page 51 - Forets_et_humains_Etude_complete_Chap_02

Basic HTML Version

2-48
3. La reconnaissance et la valorisation des usages coutumiers des ressources de la
biodiversité dans le processus de cogestion du parc national de Campo-Ma’an
Le plan d’aménagement du parc national de Campo-Ma’an rendu exécutoire le 14 septembre 2006
a reconnu, au terme des négociations entre le Ministère des Forêts et de la Faune (MINFOF) et ses
partenaires, la nécessité de reconnaître le droit des Peuples Autochtones à continuer de jouir de
certaines ressources naturelles, situées à l’intérieur du parc, pour leurs besoins vitaux, une
innovation majeure dans les politiques et pratiques de gestion des aires protégées au Cameroun et
en Afrique centrale. Toutefois, il fallait établir et formaliser, au préalable, les modalités pratiques
d’une telle jouissance. Les négociations ont démarré, à ce sujet, en décembre 2009. Elles ont
abouti, le 25 novembre 2011, à la signature du mémorandum d’entente.
Le mémorandum comprend deux parties essentielles : le préambule et le texte. Dans le
préambule, le Service de Conservation et les Communautés Bagyéli reconnaissent que la gestion
durable des forêts et la conservation de la diversité biologique du parc national de Campo-Ma’an
exigent une participation effective des populations locales et autochtones riveraines du parc
national et que la garantie de la survie des Peuples Autochtones Bagyéli vivant à l’intérieur et à la
périphérie du parc passe par la reconnaissance et la jouissance de leurs droits d’usage des
ressources naturelles à l’intérieur et à la périphérie du parc national. Ils admettent que le
prélèvement des ressources par les Bagyéli pour leur survie a toujours été durable et ne constitue
pas une menace grave pour le maintien de la biodiversité. Enfin, ils s’engagent, à promouvoir et
respecter les principes de consentement libre, préalable et éclairé dans les négociations avec les
Bagyéli pour la cogestion du parc national.
Le texte du mémorandum est composé de sept (7) articles comprenant l’objet du mémorandum
d’entente, les obligations des parties, les modalités d’exécution et de suivi, la validité, l’entrée en
vigueur et l’arbitrage, les amendements et modifications et les annexes. Le mémorandum
organise
« l’exercice du droit d’usage des Peuples Autochtones dans le parc national de Campo-
Ma’an et sa zone périphérique à travers la cogestion dans le cadre de la mise en œuvre du plan
d’aménagement ».
Il s’agit, de manière spécifique, de
« permettre aux Peuples Autochtones
d’accéder aux ressources naturelles du parc sous le contrôle du service de la conservation »
(MINFOF, 2011).
Il matérialise la mise en œuvre des dispositions du plan d’aménagement du
parc national relatives à la négociation des accords de cogestion qui avaient établi que
« le plan
d’aménagement reconnaît formellement les droits et les obligations de la minorité Bakola/Bagyéli,
conformément aux termes de la constitution du Cameroun sur les peuples autochtones, aux
dispositions de la Convention sur la Diversité Biologique (CDB), ainsi des autres conventions
internationales pertinentes dont la République du Cameroun est signataire, tels que
l’Organisation Internationale du Travail (OIT)
» (MINFOF, 2006).
L’article 2 qui définit les obligations des parties au mémorandum pose les bases de la prise en
compte des connaissances traditionnelles des « Pygmées » Bagyéli sur la forêt dans
l’aménagement et la gestion du parc national de Campo-Ma’an.