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2.1 Culture et spiritualité : la forêt écosystème culturel et
symbolique
La forêt, à la gentillesse et à la bienveillance illimitées, offre son ombre
même aux bûcherons qui la détruisent » (Gautama Bouddha)
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Rédigé par Nicole HUYBENS
, Ph.D., professeure à l’Université du Québec à Chicoutimi,
nicole_huybens@uqac.ca
.
Relecture par Martin TCHAMBA
, professeur à l’Université de Dschang au Cameroun,
mtchamba@yahoo.fr
Introduction
La dimension humaine est au cœur de la définition que le PNUE (2011) donne de l’économie
verte. L’économie verte doit entraîner une amélioration du bien-être humain et de l’équité sociale
tout en réduisant de manière significative les risques environnementaux et la pénurie de
ressources. Cependant, ce point de vue essentiellement anthropocentrique rend compte de
manière partielle de la dimension humaine en lien avec la forêt et qui sera abordée dans le
présent chapitre. Nous proposons ici de décrire les significations que peuvent prendre l’arbre et
les forêts dans l’imaginaire collectif et culturel des humains et sur l’éthique de l’environnement
dans ses différentes facettes.
Les forêts occupent une place importante dans l’univers symbolique des humains. La forêt est
omniprésente dans les contes (le petit chaperon rouge par exemple), l’art (le film « Avatar », la
poésie, etc.), les récits mythiques (cosmogonie des Amérindiens d’Amérique du Nord par
exemple) et les conceptions du lien à la nature (voir Descola ci-après). Cependant pour mieux
comprendre leur importance dans le monde contemporain, il importe de les expliciter, parce que
ces aspects du lien à la forêt sont particulièrement cryptés, surtout là où la rationalité scientifique
et le raisonnement économique priment sur tout le reste, du moins au niveau explicite. Pour les
peuples tributaires des forêts, ces aspects font partie intégrante de la vie quotidienne et leur
importance est bien plus apparente.
Comprendre les différentes inscriptions des humains dans la nature à travers les époques et à
travers les cultures, c’est mieux connaître notre humanité commune dans sa complexité. Cette
meilleure connaissance devrait favoriser la créativité autour de solutions innovantes et
contemporaines aux problèmes de développement auxquels il nous faut faire face à plus de 7
milliards d’humains (et à 9 milliards en 2050) sur la même planète, tout en la partageant avec les
autres espèces animales et végétales.
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Toutes les citations en exergue viennent du livre de Fournier, 2003.