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Cette étude montre que l’économie verte, pour rendre justice aux services des écosystèmes,
devra se baser sur des évaluations scientifiques de haute qualité qui pourront être réalisées
grâce à des moyens techniques sophistiqués, mais permettront de choisir les solutions les plus
attrayantes eu égard aux bénéfices multiples qui peuvent être escomptés d’un projet. Il faudra
sans doute, pour soutenir les efforts des pays en développement à cet égard, que la
Francophonie favorise la coopération internationale dans le domaine de la télédétection et de
l’analyse spatiale.
L’étude de cas rédigée par Alain Karsenty, économiste au CIRAD, présente une réflexion sur les
limites du REDD+. Bien que ce mécanisme ait fait son chemin depuis la conférence de Bali
(2008) jusqu’à celle de Durban (2011), la question de la « déforestation évitée » constitue
toujours l’un des dossiers délicats des négociations climatiques, qui doivent proposer un régime
« climat » post-Kyoto. Mécanisme de marché « récompensant » les acteurs, ou fonds permettant
de financer des réformes s’attaquant aux causes, le débat n’a pas été tranché par la récente
conférence de Durban : les deux options figurent comme des options possibles dans le texte sur
la REDD+.
Les projets forestiers sont relativement complexes à mettre en œuvre dans les marchés du
carbone (voir l’article de Jean-François Boucher au chapitre 5). Dans le cadre du Protocole de
Kyoto, le Mécanisme de développement propre (MDP) permettait de tels projets. Seuls 36 de ces
projets ont été enregistrés sur 3800 (en janvier 2012). Quant aux projets MDP autres que
forestiers, on sait maintenant que nombre d’entre eux n’ont pas respecté les règles requises pour
la construction des scénarios de référence au regard desquels on juge les réductions d’émissions
imputables au projet. Cela interroge sur la capacité de plusieurs pays en développement de
répondre aux exigences de ce type de marché dans l’état actuel des choses. On peut donc
s’inquiéter à juste titre pour l’ajout du REDD+ dans l’arsenal de la lutte aux changements
climatiques post-Kyoto.
L’auteur énumère les limites d’un système basé sur le marché. Il donne par la suite les conditions
gagnantes pour un mécanisme de paiement pour services environnementaux (PSE) sous forme
de contrats rémunérant de manière compétitive les acteurs de terrain. Le paiement pour des
actions concrètes et mesurables devrait se faire à partir d’un financement international appuyant
des politiques de transformation agro-foncières qui renforcent le droit foncier des paysans. Cette
formule est selon son analyse la seule qui puisse réellement limiter la déforestation et contribuer
à la réduction de la pauvreté.
En effet, reconnaître aux communautés vivant dans les forêts des droits fonciers opposables les
aidera à faire face aux dynamiques montantes d’accaparement des terres menées par des
groupes d’agrobusiness à la recherche d’espaces boisés peu peuplés. La gouvernance est aussi
une question clé : financer la réorganisation de l’administration forestière et des systèmes de
contrôle peut s’avérer déterminant. Comme nous le verrons au chapitre 5, le renforcement de la