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justice est également nécessaire : de nombreuses lois défendent la forêt, mais elles sont trop
souvent violées en toute impunité.
L’avenir de REDD+ est extrêmement incertain, du moins en tant que mécanisme multilatéral
unifié. L’architecture et les règles de gouvernance de cet instrument n’ont toujours pas été
déterminées et trouver un consensus semble extrêmement difficile.
La multiplication des projets REDD+ doit sans doute plus être analysée sous l’angle
d’opportunités de court terme, conduites sous le parapluie emblématique de la REDD+, qui tend
à devenir une « marque ». Il est difficile de penser que ceci pourrait constituer les prémices d’un
régime régulé qui pourrait traiter les moteurs de la déforestation. Et sans un accord général dans
la négociation climatique pour une nouvelle période d’engagement, les chances de voir émerger
un marché et un mécanisme REDD+ basé sur les performances dans un régime régulé sont
encore plus faibles. Mais pour un mécanisme REDD+ appuyé sur des fonds publics, les
perspectives peuvent être différentes.
Une dernière étude de cas dans ce chapitre est signée par l’équipe de Claude Garcia du CIRAD.
Elle se situe dans les Ghâts occidentaux, une région montagneuse de l’Inde. Les auteurs
constatent d’abord qu’au vu du déclin généralisé de la biodiversité, dans un contexte de
croissance démographique, le défi est de parvenir à conserver la biodiversité en dehors des aires
protégées, dans des paysages dédiés à la production de biens, en particulier alimentaires. Le
concept des services écosystémiques associé à des mécanismes de marché appliqués à la
gestion des ressources naturelles ouvre des voies prometteuses pour concilier conservation et
développement.
Dans le système écologique et social des Ghâts où les enjeux de production et de conservation
sont forts, différents acteurs lancent des initiatives pour concilier ces deux dimensions selon
diverses approches. Les auteurs en ont retenu trois. La première repose sur la certification et
autres outils de marché similaires pour restituer aux producteurs une partie de la valeur des
services écosystémiques générés dans leurs exploitations. Le second est axé sur les droits et la
gouvernance des ressources naturelles, dans ce cas les arbres des plantations. La troisième
approche repose sur des mécanismes de paiement pour services environnementaux.
Prometteuse, elle en est néanmoins à ses balbutiements sur ce terrain.
Dans la zone à l’étude, les espaces boisés ont été convertis en plantations. Le sous-bois a été
remplacé par des caféiers et la canopée éclaircie. Cependant, les plantations de caféiers
conservent un couvert arboré important, y compris d’espèces de la forêt originelle. La densité des
arbres dans les plantations de caféiers est importante. Les raisons de la forte densité arborée
dans les caféières sont nombreuses. Les types de tenure foncière et les droits sur les arbres
spécifiques au district contraignent les choix des planteurs. La richesse et la diversité du système
de production sont aussi remarquables. Cette richesse importante est due au fait que de