Page 14 - Forets_et_humains_Etude_complete_Chap_03

Basic HTML Version

3-11
nombreuses espèces de la forêt sempervirente humide originelle ont été conservées lors de la
conversion des forêts en plantations.
Trois grandes dynamiques sont actuellement observables : (1) la conversion des forêts en
plantations de caféiers (maintenant presque aboutie puisque ne subsistent pratiquement que les
forêts sous contrôle de l’État), (2) le remplacement des espèces natives de couverture par une
seule espèce, le
Grevillea robusta,
et (3) la diminution du couvert arboré et l’intensification des
plantations. Ces tendances vont à l’encontre du maintien de la biodiversité dans l’écosystème
agroforestier. L’étude s’intéresse à quatre services écosystémiques : la capacité de recharge de
la nappe phréatique et l’infiltration de l’eau dans le sol; la conservation de la biodiversité, le
stockage de carbone et la beauté paysagère.
Dans tous les cas, l’innovation et les changements dans les systèmes de gestion ne peuvent
avoir lieu que si des champions portent les initiatives localement. Il faut ensuite que les
contraintes, opportunités et savoirs locaux soient parfaitement intégrés à la réflexion, faute de
pouvoir remporter l’adhésion des premiers concernés, les planteurs. Afin de construire une
alliance durable entre le monde de la conservation et les producteurs, il faut que les intérêts des
uns et des autres soient bien compris et pris en considération. Les auteurs conviennent que c’est
une évidence, mais soulignent que trop de projets de conservation capotent, y compris dans cette
zone, parce qu’ils avaient négligé de prendre en considération les objectifs et contraintes des
producteurs.
Conclusion
Dans ce chapitre, on a pu explorer la notion des services environnementaux d’appui et de
régulation liés à la forêt et poser l’hypothèse que le paiement pour ces services pouvait être une
façon de mettre en pratique l’économie verte. Ces paiements doivent toutefois être suffisamment
élevés pour inciter réellement les populations à conserver des forêts en santé tout en y pratiquant
des activités qui leur permettent de satisfaire leurs besoins. En ce sens, les mécanismes de
marché ne sont pas de toute évidence les meilleurs, puisqu’ils cherchent à mettre en compétition
les producteurs de services pour obtenir le plus bas prix. Ils ne sont pas en ce sens appropriés
pour réduire la pauvreté par une meilleure redistribution des richesses. Reste alors comme nous
le verrons au chapitre suivant la juste rémunération des services d’extraction des ressources
forestières et la gouvernance permettant le respect des droits et la répartition des richesses qui
fera l’objet du chapitre 5.