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3.1 Introduction : Prise en compte des services écosystémiques
dans l’économie verte
Anada TIEGA,
Secrétaire Général, Convention de Ramsar sur les Zones Humides, Secrétariat
28, rue Mauverney, CH-1196 Gland (Switzerland), Email :
tiega@ramsar.org
À la fin des années 1970, plusieurs auteurs ont publié l’idée de services rendus à l’humanité par
les écosystèmes (Ehrlich, P. R. et H. A. Mooney, 1983 et Westman, W., 1977). L’objectif de ces
premiers auteurs était de pointer du doigt la dégradation des écosystèmes par les activités
humaines, l’importance et la diversité des services rendus à l’homme par ces écosystèmes, et
l’impossibilité ou le coût élevé de substitution de ces services (Barnaud C. et al., 2011). Cette
idée est à l’origine du concept de service écosystémique. C’est le Millenium Ecosystem
Assessment (MEA) qui a consacré l’expansion du concept
(MEA, 2005).
Selon les rapports du MEA, on distingue quatre grands types de services écosystémiques (SE) :
(i) les services d’approvisionnement (produits agricoles, bois, eau potable, poissons, etc.), (ii) les
services de régulation (climat, inondations, purification de l’eau, etc.), (iii) les services culturels
(aspects esthétiques, religieux, récréatifs…), et (iv) les services de soutien servant de base au
fonctionnement des trois premiers (cycle du carbone, formation des sols...)
(MEA, 2005).
Cependant, ce chapitre aborde ces différents services de manière intégrale de façon à
reconnaitre leur interdépendance, car tous les éléments de la nature sont en interaction et
dépendent les uns des autres pour exister et produire leurs effets cumulés. Ainsi, les résultats
combinés de l’action humaine agissant sur une partie du monde naturel auront des
conséquences sur les autres composantes de la nature et vice-versa.
Introduction
a. Avertissement et Recommandation
Le sujet fait appel à des concepts et notions hautement techniques et scientifiques. Si nous
utilisons uniquement des termes et un jargon purement scientifiques, le champ de notre
communication se limiterait aux scientifiques déjà conscients des valeurs des « écosystèmes » et
l’exercice n’aurait aucune valeur ajoutée. Aussi, il est important que les auteurs utilisent un
vocabulaire le plus simple possible pour toucher le grand public.
Définition essentielle : Il est proposé d’utiliser la définition de 2004 adoptée par les auteurs du
rapport commandité par l’ONU et intitulé l’Évaluation des écosystèmes pour le millénaire :
un