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infrastructures routières et la reprise des investissements privés entraîneront une hausse de la
déforestation, au moins à court terme.
Si l’on renonce à utiliser les seules données du passé, il faut tenter de prédire la déforestation
future à partir de l’évolution anticipée de variables clés. Or, les taux de déboisement ne sont pas
seulement influencés par des facteurs relativement prévisibles tels que la démographie ou les
infrastructures routières. Ils le sont aussi par des phénomènes aléatoires comme les conflits (qui
entraînent des migrations), la fluctuation des cours des grandes matières premières agricoles, les
changements de parité monétaire ou les variations climatiques (qui diminuent ou accroissent les
risques d’incendie à grande échelle et influent fortement sur la déforestation). Au Brésil par
exemple, la déforestation varie beaucoup d’une année sur l’autre. Les fluctuations des prix des
produits agricoles (boeuf, soja…) sont en grande partie à l’origine de fréquents renversements de
tendance.
Figure 19.
Prix annuels du soja, du bétail et déforestation
en Amazonie brésilienne, 1990-2007
Si les modèles « prédictifs » peuvent à peu près prévoir
où
se produiront les prochains
déboisements (en général près des routes), ils sont incapables de dire
quand
ils auront lieu : cela
dépend notamment des prix agricoles – et accessoirement du prix du bois – qui varient au gré
des mouvements spéculatifs mondiaux.
Pour tenter de résoudre ce problème, de nombreuses propositions ont été avancées, visant à
limiter les quantités de crédit recevables, afin de limiter les risques de production de
hot air
– ce
qui semble en contradiction avec l’idée qu’il faut des incitations financières fortes pour que les