3-87
3.7 Gestion de la Biodiversité dans les Paysages de Montagne.
Concilier Conservation et Développement dans les
systèmes agroforestiers des Ghats occidentaux (Inde).
Claude GARCIA
1,2
, Delphine MARIE-VIVIEN
3
, C.G. KUSHALAPPA
4
, Philippe VAAST
5,6
.
1
CIRAD, Biens et Services des Ecosystèmes Tropicaux, F - 34 398 Montpellier France.
Contact :
claude.garcia@cirad.fr
2
CIFOR, Environmental Services and Sustainable Use of Forest Programme, 16115
Bogor, Indonesia
3
CIRAD UMR Innovation, F – 34 398 Montpellier, France
4
University of Agricultural Sciences, Bangalore, India
5
CIRAD, UMR Eco&Sols, F-34070 Montpellier, France
6
ICRAF, Nairobi, Kenya
Introduction
Les aires protégées couvrent autant voire plus de surface des terres émergées (12,2 %, d’après
WDPA, 2010) que les terres allouées à la production de nourriture (terres arables et pérennes,
11 %, d’après FAO, 2007). Dans ces conditions, au vu du déclin généralisé de la biodiversité,
dans un contexte de croissance démographique, le défi est de parvenir à conserver la biodiversité
en dehors des aires protégées, dans des paysages dédiés à la production de biens, en particulier
alimentaires (Secretariat of the Convention on Biological Diversity, 2010). Le concept des
services écosystémiques (Millennium Ecosystem Assessment 2005) associé à des mécanismes
de marché appliqués à la gestion des ressources naturelles ouvre des voies prometteuses pour
concilier conservation et développement (Bayon, R. 2004).
Pour comprendre les interactions entre systèmes de production, biodiversité et services
écosystémiques, nous proposons d’analyser un territoire, le district de Kodagu (figure 20 a), en
Inde et un produit, le café. Dans ce système écologique et social où les enjeux de production et
de conservation sont forts, différents acteurs lancent des initiatives pour concilier les deux. Nous
en avons retenu trois. La première repose sur la certification et autres outils de marché similaires
pour restituer aux producteurs une partie de la valeur des services écosystémiques générés dans
leurs exploitations. Le second est axé sur les droits et la gouvernance des ressources naturelles,
dans ce cas les arbres des plantations. La troisième approche enfin, repose sur des mécanismes
de paiement pour services environnementaux. Prometteuse, elle n’en est néanmoins qu’à ses
balbutiements sur ce terrain.
Zone d’étude
Kodagu (75°25’-76°14’ E et 12°15’-12°45’ N) fait partie du hotspot de biodiversité des Ghâts
occidentaux (figure 20 b) (Conservation International, 2008). D’une surface totale de 4106 km², il
est couvert sur sa périphérie de grands massifs forestiers contrôlés par l’état (30 % de la