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canephora var. robusta
) ont supplanté les autres cultures. Les espaces boisés ont été convertis
en plantations. Le sous-bois a été remplacé par des caféiers et la canopée éclaircie. Cependant,
les plantations de café conservent un couvert arboré important, y compris d’espèces de la forêt
originelle (Moppert et al., 2005 et Elouard and Guilmoto, 2000)
Dynamiques écologiques
Méthodes
Nous avons réalisé un inventaire sur 114 plantations entre 2008 et 2009. Au sein du bassin
versant principal du district (Bassin de la Kavery, 1000 km²), nous avons aléatoirement
sélectionné 35 villages. Dans chacun de ces villages, grâces aux archives du cadastre, nous
avons sélectionné aléatoirement 3 plantations, une petite (moins de 2,5 ha), une moyenne (entre
2,5 et 10 ha) et une grande (plus de 10ha). Chacune de ces plantations étant divisée en blocs,
nous avons identifié les blocs et déterminé aléatoirement quels blocs allaient être échantillonnés
selon un protocole testé sur des parcelles pilotes (Nath et al., 2009).
Dans chaque bloc, un transect long de 50m était tracé selon une direction aléatoire, et 10 cellules
larges de 10m chacune mises en places de part et d’autre du transect principal. La longueur de
chaque cellule varie en fonction de la densité d’arbres sur le site, afin d’ajuster l’effort
d’échantillonnage aux conditions du terrain. Cette méthode est inspirée du protocole écologique
Multi Disciplinary Landscape développé par le CIFOR (Sheil, 2002). Dans chaque cellule, les 5
arbres (de plus de 30 cm de circonférence à 1m30 du sol) les plus proches du transect sont
mesurés et identifiés. En nous basant sur les résultats du test pilote, nous avons mis en place
autant de transects que nécessaires pour atteindre 200 arbres échantillonnés par plantation.
Les données ont été récoltées par plusieurs équipes de terrain, sur la période février 2008 à mai
2009. Au total, nous avons établi 550 transects, et constitué une base de données de 20 550
arbres. Les identifications botaniques se faisaient sur place, avec vérification des échantillons
collectés auprès des herbiers du Collège de Foresterie de Ponnampet et de celui de l’Institut
français de Pondichéry. Les calculs statistiques ont été réalisés avec XLSTAT 2010 et les calculs
de biodiversité avec le logiciel EstimateS v7.2.
Résultats
La structure de la canopée est complexe, avec plusieurs strates de végétation, entièrement
façonnées par l’homme. La densité d’arbres au sein des plantations, bien que très variable, reste
importante, même lorsqu’on la compare à celle de fragments forestiers adjacents, par exemple
des forêts sacrées (Garcia and Pascal. 2006). En moyenne, les plantations de café dans le
bassin de la Kavery ont 350 tiges à l’hectare, contre 270 tiges/ha dans les forêts sacrées et 640
tiges/ha dans le Brahmagiri Wildlife Sanctuary, une aire protégée sise sur la marge occidentale
du district (figure 21). Les raisons de la forte densité arborée dans les caféières sont nombreuses
et incluent le besoin de protéger les bourgeons floraux au cas où les pluies de floraison (début
mars) seraient en retard, les propriétés agronomiques des arbres et de leur litière, et les types de