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Figure 43. Le concept de « puzzle » à six pièces
Les six éléments définis ici constituent la base des développements constatés autour du bois
dans la construction pour les territoires qui ont pris ce virage. Envisager une nouvelle approche
dans l’acte de construire nécessite à minima un patrimoine forestier, dont la certification forestière
peut être le garant de la pérennité. Cette évidence peut s’étendre à d’autres matériaux de
construction locaux oubliés au nom de la modernité (terre, bambous…). Une capacité de
première transformation (sciage dans le cas du bois) est aussi une nécessité pouvant répondre à
l’enjeu des filières courtes. Les besoins en espaces bâtis sont une évidence, et les pouvoirs
publics ont là un rôle fondamental à jouer en privilégiant les ressources locales. Ils doivent jouer
un rôle de « démonstrateur » et « d’exemplarité ». Dans ce concept, on aura bien compris le rôle
central que joue l’architecture, qui ne peut être une exclusivité des pays riches, mais au contraire
un vecteur de lien social et de fierté collective pour les pays en développement.
L’exemple du Vorarlberg est en ce sens la démonstration, de ce qu’une architecture non
exhibitionniste, mais faite de pragmatisme et d’intelligence collective, est capable de générer sur
un territoire. L’ingénierie, et de manière générale, l’élévation du niveau de connaissance sur le
bois et les matériaux renouvelables sont aussi une nécessité. Cette ingénierie doit être au service
d’une nouvelle architecture et pas l’inverse. Elle est garante de la qualité et une réponse aux
enjeux de la sécurité dans le bâtiment. Il y a là un immense chantier à ouvrir en matière de
formation dans les pays du Sud. Au nom de la modernité, toutes les formations en génie civil du
Sud et même celles du Nord, bien souvent, ont oublié ou marginalisé la plupart des
connaissances qui ont permis de bâtir aussi bien la grande mosquée en terre de Djenné au Mali
que le Tōdai-ji, le plus grand temple japonais en bois. En s’appuyant sur les savoirs anciens, sur
les évolutions technologiques de la mécanique des structures et sur la modernité du bois,
matériau de construction, au même titre que l’acier ou le béton, toute une nouvelle ingénierie peut
se mettre en place. Le résultat de cet ensemble d’éléments étroitement liés est une nouvelle
économie, sans doute verte, mais certainement durable.
Ce modèle est transposable. Il l’est, si l’on redonne au bois, non pas une image de matériau «
de
pauvre
», mais une image de modernité à travers l’architecture. Ce modèle est possible si,