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demande de l’industrie touristique. Les forêts du Mont Ventoux et du Mont Aigoual sont deux
exemples remarquables d’une telle reconquête de la sylve méditerranéenne en France.
La déprise agricole et la sous-exploitation des terrains retournés à la friche forestière sont aussi
des caractéristiques assez largement partagées dans les régions de petites propriétés privées de
l’Europe de l’ouest, y compris dans les zones de climat tempéré ou les forêts de feuillus et de
conifères en continuelle extension restent encore très peu valorisées. Seules les forêts
domaniales et celles dont la gestion est confiée à des organismes publics font vraiment l’objet
d’une exploitation industrielle, alors même que les pays concernés sont fréquemment
importateurs de bois d’œuvre et de service, de pâtes à papier et de granulés de bois pour
l’énergie. Il s’agit le plus souvent de plantations d’arbres monospécifiques, faisant périodiquement
l’objet de coupes à blanc, et relativement vulnérables face à d’éventuels accidents climatiques et
phytosanitaires dont la fréquence et l’intensité pourraient s’accroître dans le futur du fait des
effets du réchauffement climatique global. Des problèmes similaires existeraient aussi dans la
plupart des forêts boréales (Fédération de Russie, Canada, Alaska et pays scandinaves) du fait
qu’elles sont généralement composées d’un petit nombre d’espèces de résineux : épicéa, sapin,
mélèzes… (cf. les dégâts occasionnés en Colombie-Britannique par le dendroctone du pin
ponderosa).
Les alternatives techniques réconciliant la préservation des forêts, l’accroissement de la
productivité et l’augmentation du bien-être
L’exploitation forestière à faible impact
On sait désormais qu’il est possible d’exploiter durablement les forêts en vue de la production de
bois tout en maintenant dans une large mesure leur biodiversité. Des recommandations ont été
formulées à cet effet par la FAO et l’OIBT. La durabilité de l’exploitation et la conservation de la
biodiversité sont très largement conditionnées par le plus ou moins fort degré d’ouverture du
couvert arboré, et par l’ampleur des dommages occasionnés sur les sols et sur la végétation
restante après exploitation. Les modalités d’exploitation forestière à faible impact consistent pour
l’essentiel en une extraction très sélective des arbres commercialisables et en des techniques
destinées à limiter les dégâts sur les terrains et les autres peuplements. L’inventaire des arbres
exploitables, l’ouverture des routes et le débardage, sont les principales opérations concernées.
La mise en œuvre des mesures les plus salutaires suppose une planification des opérations
d’exploitation et une solide formation du personnel travaillant sur le terrain (Durrieu de Madron L.
et al. 1998).
La planification préalable des opérations consiste principalement en la cartographie des essences
utiles de taille exploitable, en la délimitation de zones à protéger intégralement (les zones à fortes
pentes, trop sujettes aux risques d’érosion, et quelques réserves de biodiversité) et en la
détermination du tracé des pistes et des routes pour le débardage et l’évacuation des grumes.