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La détermination de diamètres minimums d’exploitabilité (DME) des essences commerciales doit
aller de pair avec une saine détermination de la durée de rotation entre deux périodes de coupes,
de façon à maintenir un nombre de semenciers suffisants, à garantir la diversité génétique des
essences exploitées et à laisser un laps de temps suffisant entre coupes pour assurer le
renouvellement des espèces commercialisables
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. Cette DME et la vitesse de rotation doivent
prendre en compte la croissance et la structure diamétrique de chacune des essences exploitées.
On procède alors au marquage des arbres à abattre et de ceux à protéger en tenant compte du
nombre maximal d’arbres exploitables à l’hectare et de la distance minimale à maintenir entre
deux pieds de la même espèce pouvant être abattus.
Afin de réduire l’étendue de la forêt devant être défrichée aux fins d’aménagement des routes
principales, des pistes secondaires et des chemins de débardage, et de façon aussi à limiter les
risques d’érosion des sols, il importe de bien définir le tracé de ces infrastructures, en tenant
soigneusement compte de la localisation des arbres à exploiter, de la densité des peuplements
forestiers, du relief (pentes plus ou moins accusées), de la nature des sols et des cours d’eau à
traverser. L’important est de ne pas ouvrir de pistes inutiles et d’éviter la divagation des engins
lourds en pleine forêt. De même convient-il de bien définir la largeur de chacune des routes et
des pistes de façon à ce que leur emprise sur la forêt soit minimum tout en permettant de
disposer de voies suffisamment larges pour le transport des grumes en toute sécurité et de faire
en sorte que l’énergie solaire puisse assécher les chemins après les pluies. Une attention
particulière doit être aussi portée à la localisation et à la surface des dépôts transitoires de
grumes et des parcs de matériels.
Il est aussi recommandé de bien maîtriser l’abattage de façon à bien orienter la chute des grumes
en direction des chemins de débardage et des espaces les moins densément peuplés et à
réduire autant que possible les dégâts occasionnés par cette chute sur les arbres du voisinage.
Mais les résultats en ce qui concerne cet abattage directionnel sont parfois décevants. Celui-ci
serait plus aisé dans les forêts où les houppiers sont moins volumineux. L’aménagement des
chemins de débardage devrait se limiter à la coupe des broussailles et à l’arasement des
souches au niveau du sol. Leur tracé devrait être le plus rectiligne possible, pour ne pas
endommager les végétaux poussant à leurs bordures, en évitant aussi les terrains détrempés et
trop meubles. Les systèmes de débardage aérien, tels ceux qui ont recours aux hélicoptères,
peuvent réduire considérablement les impacts directement associés à la perturbation des sols au
cours des opérations; mais ils sont d’un coût considérablement plus élevé que les systèmes de
débardage terrestres.
Mais toutes ces précautions destinées à limiter les gaspillages, éviter les destructions indues, et
assurer une exploitation forestière durable, rendent de fait souvent plus coûteuse cette
exploitation. Elles n’auront finalement qu’assez peu de chances d’être prises si cette exploitation
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Le nombre d’arbres à abattre et le volume de bois exploitable en conformité avec les exigences de
l’exploitation forestière varient bien évidemment selon le type de forêt. On évoque souvent les chiffres
de 2 à 3 arbres et de 25 à 40 m
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de bois à l’hectare dans les forêts dense de l’Afrique centrale.