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n’est réalisée que par des sociétés forestières soucieuses de leur profit personnel à court terme.
A moins qu’il ne leur soit possible de vendre plus cher les produits issus d’une exploitation
forestière dûment certifiée « durable ». D’où l’intérêt que peuvent éventuellement présenter les
procédures de certification forestière du type PEFC
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ou FSC
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. Celles-ci se rapportent à un
référentiel de principes à respecter, déclinés selon les trois volets habituels, économique, social
et environnemental. La certification donne droit à l’apposition d’un logo spécifique sur les produits
ou les factures.
Pour éviter les excès du bûcheronnage dans les régions méditerranéennes et intertropicales semi
arides où la collecte de bois-énergie aboutit souvent à une dégradation exagérée des couverts
forestiers, il devient urgent de promouvoir des alternatives techniques plus économes en ces
ressources naturelles lentement renouvelables : utilisation directe du bois en remplacement du
charbon de bois, méthodes de carbonisation plus performantes, recours à des foyers plus
efficaces ou à des cuiseurs solaires, etc.
Préserver la forêt grâce à l’intensification agro-écologique
Augmenter les rendements à l’hectare et limiter l’extension des superficies cultivées est à coup
sûr un des éléments essentiels pour accroître la production agricole sans accélérer la
déforestation dans les pays tropicaux. On sait que dans la plupart des pays industrialisés,
l’intensification des systèmes de culture et l’accroissement des productions à l’hectare qui en a
résulté sur les terres les plus fertiles est allé souvent de pair avec une déprise agricole et
l’extension continue des forêts sur les terrains les moins favorables aux cultures, progressivement
abandonnés par ceux des agriculteurs n’ayant pas pu rester compétitifs. Ne pourrait-on donc pas
envisager un processus relativement similaire dans les pays intertropicaux? Ou du moins,
envisager un endiguement de la déforestation actuelle par une intensification des systèmes de
culture et d’élevage et un accroissement des rendements à l’unité de surface dans les zones déjà
défrichées et aménagées pour l’agriculture. Encore conviendra-t-il de promouvoir une
intensification agro-écologique pour réduire la pression actuelle sur les écosystèmes forestiers et
sauvegarder les forêts primaires.
Si l’on souhaite parvenir à mieux nourrir la population mondiale croissante et satisfaire sa
demande en produits agricoles de plus en plus diversifiés, sans étendre davantage les
emblavements aux dépens des dernières forêts de notre planète, il conviendra en effet
d’intensifier les productions agricoles à l’hectare dans les régions déjà plus ou moins
partiellement déforestées et mises en culture. Et tout particulièrement dans les régions péri-
forestières où la tentation de défricher de nouveaux terrains risque, sinon, de rester élevée. Mais
dans les régions tropicales et méditerranéennes les plus reculées, où les prix des intrants
manufacturés (engrais de synthèse, produits phytosanitaires, etc.) sont déjà très élevés du fait
des coûts de transport et risquent de l’être encore davantage du fait de l’élévation du cours des
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Plan European Forest Certification
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Forest Stewardship Council