4-34
formellement interdit d’associer des cultures telles que les bananiers et les haricots aux caféiers,
alors même que cette association s’est avérée très avantageuse de l’autre côté de la frontière, en
Tanzanie.
La régénération naturelle assistée et l’agro-pastoralisme sous parc arboré
L’agro-pastoralisme sous couvert arboré avec régénération naturelle assistée d’arbres multi-
usages est une pratique de plus en plus fréquente dans quelques régions de l’Afrique soudano-
sahélienne (bassin arachidier du Sénégal, environs de Maradi et de Dosso au Niger, région
cotonnière du sud-Mali, massif du Mandara au nord du Cameroun, etc.). Mais celle-ci mériterait
sans doute d’être davantage étendue à bien d’autres zones intertropicales marquées par
l’alternance d’une saison des pluies (période de mise en culture) et d’une saison sèche (période
de vaine pâture).
Cette pratique s’est généralement imposée très progressivement au fil du temps dans des
régions où prédominait l’agriculture d’abattis-brûlis, mais dans lesquelles, du fait de
l’accroissement de la densité de population, il était devenu nécessaire de cultiver plus
fréquemment les terrains agricoles avec de grosses difficultés pour maintenir la fertilité des sols
avec les seules friches arborées et arbustives (« jachères ») spontanées. Certaines sociétés
soudano-sahéliennes sont parvenues à mettre tous les ans en culture une grande part de leurs
terrains, sans autre interruption que celle imposée par la saison sèche, grâce au maintien et à
l’entretien d’arbres divers (karité
14
, néré
15
, baobab
16
, rôniers
17
, etc.) au sein même des espaces
cultivés. Tout comme dans les agroforêts évoquées précédemment, les arbres à enracinement
puissant dont la croissance a été systématiquement favorisée au sein même des champs cultivés
contribuent à fixer du carbone par photosynthèse durant la saison sèche, à puiser des éléments
minéraux dans les couches les plus profondes des sols, à les fixer provisoirement dans leur
biomasse aérienne, avec pour effet de fertiliser ensuite les horizons superficiels des terrains lors
de la chute de leurs feuilles. La présence de ces arbres au sein même des parcelles cultivées ou
le maintien de haies vives sur leur pourtour protège par ailleurs les cultures des grands vents et
d’une insolation excessive, avec pour effet de limiter l’érosion éolienne et de créer un microclimat
favorable à la photosynthèse et à la fixation de carbone. Les arbres et arbustes de la famille des
légumineuses peuvent en outre fournir généralement aux animaux en vaine pâture un fourrage
riche en protéines, tout en favorisant la fertilisation azotée des terrains sous leur frondaison à
l’image des fameux Faidherbia albida largement développés en Afrique sahélo-soudanienne
(Olivier R. et al. 1996).
L’important est de faire par contre en sorte que les arbres aient un enracinement pivotant et
profond, pour que leurs racines ne fassent pas de concurrence indue à celles des cultures
annuelles au sein de la couche arable, et ne soient pas non plus trop nombreux, pour éviter
14
Butyrospermum paarki
15
Parkia biglobosa
16
Adansonia digitata
17
Borassus aethiopium