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d’occasionner un ombrage excessif aux cultures céréalières et légumineuses alimentaires situées
sous leur frondaison, et pour ne pas provoquer un abaissement inconsidéré de la nappe
phréatique. La mise en défens périodique des aires cultivées peut s’avérer nécessaire pour éviter
la divagation d’animaux sur les parcelles où émergent les jeunes pousses des espèces destinées
à renouveler les couverts arborés.
L’association de l’élevage à l’agriculture peut faciliter le recyclage des sous-produits végétaux
dans les rations animales et favorise la fertilisation organique des sols grâce aux excréments
animaux. Ainsi en est-il déjà dans certaines régions sub-humides de l’Afrique soudano-
sahélienne où en l’espace de seulement trois décennies, de nombreuses familles paysannes
ayant eu accès à des crédits gagés sur la production cotonnière ont pu acquérir des animaux et
divers équipements attelés (charrues, semoirs, charrettes, etc.) et sont parvenus à remplacer
leurs anciens systèmes d’agriculture sur abattis-brûlis par des systèmes dans lesquels les
champs cultivés le sont désormais tous les ans, sans période de retour à la friche (« jachère »).
Ces parcelles sont situées désormais au cœur d’un ager régulièrement fertilisé par des apports
de matières organiques en provenance des aires réservées à la pâture des animaux (saltus). Les
diverses plantes sont cultivées maintenant dans le cadre de rotations conduites sur des terrains
régulièrement fertilisés par des apports de matières organiques en provenance d’enclos où les
troupeaux sont parqués durant la nuit, après avoir séjourné toute la journée sur des terres de
parcours désormais strictement réservées à la pâture des animaux. Grâce aux charrettes et aux
animaux de trait, les paysans sont en mesure de transporter les chaumes de leurs céréales
jusqu’aux parcs où les animaux déposent leurs bouses durant la nuit. Le fumier ainsi accumulé
au fil des jours est épandu périodiquement sur les terrains emblavés tous les ans et contribue à
maintenir leur fertilité. L’association plus étroite de l’élevage à l’agriculture permet alors un
meilleur usage des résidus de culture pour l’affouragement et les litières des animaux et une plus
grande utilisation des déjections animales pour la fabrication d’engrais organiques (Bainville S. et
Dufumier M. 2007).
Les cultures intercalaires en couloir en régions méditerranéennes et tempérées
L’agroforesterie n’est pas le strict apanage des régions intertropicales et s’avère aussi parfois
pratiquée dans maintes régions de climat méditerranéen, océanique ou continental. Ainsi en est-il
notamment dans les régions les plus venteuses où les agriculteurs ont établi des bocages et
entretiennent un réseau souvent très dense de haies vives destiné en premier lieu à freiner les
vents. Mais outre ce rôle de brise-vents, les haies vives peuvent jouer bien d’autres fonctions
favorables à l’agriculture : clôture des parcelles cultivées ou pâturées, production de bois, de
fourrages et de fruits divers, réduction des ruissellements et de l’érosion pluviale, abri pour les
insectes auxiliaires des cultures (entomofaune pollinisatrice et insectes prédateurs de ravageurs
des cultures : coccinelles, carabes, chrysopes, syrphes, etc.), corridors fauniques, réduction de la
propagation des mauvaises odeurs émanant des élevages de porcs et volailles, etc. La difficulté
réside en fait souvent dans l’arbitrage entre ces diverses fonctions productives et
environnementales. Ainsi doit-on par exemple disposer les haies vives perpendiculairement à