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l’orientation des vents dominants tout en veillant à ce que celles-ci ne fassent pas trop d’ombre
aux cultures ou aux prairies attenantes, ce qui plaiderait pour une orientation générale d’est en
ouest.
Le système de cultures intercalaires en couloirs entre des rangées d’arbres est une technique
actuellement en expansion dans plusieurs régions du Nord : culture de blé d’hiver entre des
alignements de paulownia dans la Chine du nord, céréaliculture associée à des rangées d’oliviers
en régions méditerranéennes, cultures de bleuets associées à l’apiculture sur des
éclaircissements de larges bandes de forêts au Québec, lavande cultivée entre des lignes de
chênes truffiers ou des rangs de noyers en Drôme provençale (France), etc. Ces systèmes de
culture rectilignes présentent l’avantage de permettre le passage de gros engins motorisés
(tracteurs, moissonneuses-batteuses, etc.) et, pour peu que les couloirs soient de direction
générale ouest - est, on peut espérer limiter la concurrence entre les diverses plantes pour
l’accès à la lumière. Il est cependant parfois recommandé d’émonder périodiquement les arbres
pour éviter tout excès d’ombrage sur les cultures annuelles situées à leurs abords. Ainsi les
céréales ne doivent-elles pas souffrir d’un déficit de lumière après leur floraison, lors du
remplissage des grains.
Des ripisylves à effet tampons peuvent être aussi établies le long de certains cours d’eau pour la
régularisation de leur débit, la stabilisation des berges et la protection de la qualité des eaux, tout
en contribuant à la production de bois et de produits non ligneux, à la préservation du gibier et à
l’esthétique des paysages. En témoignent les nombreux peuplements de saules et de peupliers
implantés en bordure de cours d’eau, de façon à constituer de petites forêts galeries capables de
retenir le phosphore et d’autres matières contaminantes provenant d’eaux usées de diverses
origines. Outre la production de bois destinée à la construction ou la fabrication de pâte à papier,
de telles plantations riveraines peuvent donc être mises à contribution pour épurer les effluents
d’élevage avant qu’ils ne soient déversés dans les rivières.
Des systèmes agro-sylvo-pastoraux sont aussi parfois établis en intégrant des arbres, des
cultures ou des prairies, et des animaux d’élevage, selon des dynamiques d’interactions
planifiées. Ainsi peut-on encore observer fréquemment des plantations de pommiers, poiriers,
pruniers ou cerisiers, au cœur de prairies permanentes pâturées par des bovins dans plusieurs
régions françaises (Bretagne, Normandie, Alsace, Lorraine, etc.), des élevages de grands gibiers
dans des bosquets aménagés pour ce faire au Québec, des vaches laitières menées sur des
prés-bois dans le Jura et les alpages de Suisse, etc. Diverses espèces de frênes peuvent être
utilement associées aux prairies permanentes, du fait de la diversité de leurs usages : fourniture
de bois de chauffe, de services et de construction (perches, poteaux, poutres, etc.), ombrage
pour les ruminants en plein été, mais aussi apport de fourrages de grande qualité et
complémentaires des prairies, en périodes de fortes sécheresses.