Page 56 - Forets_et_humains_Etude_complete_Chap_04

Basic HTML Version

4-53
1.3. Problématique
Malheureusement, victime de sa générosité, mais aussi de l’évolution du mode de vie rural et du
climat, l’arganeraie est fragilisée. Sa surexploitation agricole, l’érosion des sols et l’avancée du
désert constituent autant d’agressions contre ce patrimoine unique. En moins d’un siècle, plus de
la moitié de la forêt a disparu, et sa densité moyenne est passée de 100 à 30 arbres par ha.
Pourtant, tous les travaux de recherche montrent que l’arganier n’est pas un fossile en voie de
disparition, mais au contraire un arbre d’avenir pour certaines zones arides. Il est donc impératif
d’améliorer les potentialités de production de l’arganier, pour que cet arbre retrouve sa place
dans les systèmes agraires du Sud-Ouest marocain.
L’importance de protéger l’arganeraie n’a échappé ni aux autorités locales ni aux autorités
internationales. De nombreuses initiatives ont vu le jour pour préserver et développer l’arganeraie
et enrayer sa régression. L’UNESCO et l’État marocain ont classé l’arganeraie marocaine
«Réserve de biosphère (RBA)» en 1998.
Préoccupé par cette problématique, le Laboratoire de la faculté des sciences de l’Université
Mohammed V-Agdal a lancé dès 1986 un programme de recherche fondamentale, de recherche
appliquée et de recherche-action afin de contribuer à la préservation de ce patrimoine qui
constitue le dernier rempart contre la désertification. Ce programme de recherche a pour finalité
la préservation et le développement de l’arganeraie. Il est réalisé avec la conviction que la
valorisation des produits de l’arganier et l’implication des communautés locales permettraient un
développement durable de l’arganeraie. En effet dans cette zone rurale et pauvre, on ne peut pas
espérer préserver cette forêt uniquement parce qu’elle joue un rôle environnemental important.
C’est une préoccupation bien lointaine de ces populations pauvres. Il faudrait transformer ce
problème écologique en une opportunité économique pour les populations. Dès lors que
l’arganier devient économiquement intéressant, ils se mettront à le régénérer d’une façon
naturelle. Les retombées de ce programme sont aussi bien scientifiques, socio-économiques
qu’environnementales.
2. Programme scientifique, résultats et impacts
L’action entreprise par le Laboratoire s’inscrit dans la complémentarité et l’harmonisation avec les
travaux de l’agroforesterie entreprise par le Haut Commissariat des Eaux et Forêts et à la Lutte
contre la Désertification, les universités, les instituts, etc.
Nos travaux permettent, d’une part, de donner confiance aux consommateurs d’huile d’argane,
produit principal de l’arganier, via une qualité améliorée, ciblée par rapport aux diverses
utilisations (sécurisation du marché) et un itinéraire technique optimisé et, d’autre part, de
proposer de nouvelles voies de valorisation des co-produits d’extraction de l’huile d’argane et des
produits issus de l’arganier afin de diversifier leurs usages commerciaux.