Page 117 - Forets_et_humains_Etude_complete_Chap_05

Basic HTML Version

5-115
pour le bois d’œuvre et le bois de feu, et inutiles pour le fourrage. Pendant les années 1970 et
1980 ces développements, combinés avec d’autres interventions du projet, avaient graduellement
démantelé le pouvoir des institutions traditionnelles locales et l’indépendance des communautés
(INFRAS 1995). Le Népal était devenu un net importateur de bois à la fin des années 1980; le
secteur forestier ne contribuait officiellement que 0.6 % du PIB entre 1990 et 2000 (Anzdec
2002’), mais la FAO estimait sa contribution au PIB à 4.4 % (MOFSC non-daté).
La conclusion a été que cette stratégie protectionniste et d’afforestation apportait peu
d’avantages pour la population rurale, était couteuse et ne permettait pas la mise en valeur
durable de la forêt existante. Il était par contre observé que dans les plantations protégées, des
essences feuillues (préférées par les usagers) se régénéraient, et que les villageois
encourageaient la croissance d’arbres utiles en marge de leurs parcelles agricoles (figures 9 et
10), et donc une protection de la régénération naturelle des zones dégradées offrait une bien
meilleure alternative. Dans ses dernières années, le projet avait appuyé quelques groupes ruraux
(incluant particulièrement des femmes) qui s’étaient mobilisés pour introduire des règles internes
pour la gestion de ce qu’ils revendiquaient être leur forêt, et initié un début de réorientation
d’attitude et de valeurs du personnel forestier en appui aux aspirations de la population rurale-
avec quelques développements prometteurs.
Figure 9. Bonch 1989 (NSCFP 2011)
Figure 10. Bonch 2010 (NSCFP 2011)