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La DDC avait contribué déjà depuis le début des années 1980 à une réflexion pour un
changement de politiques et de stratégies, qui était aussi demandé par quelques professionnels
visionnaires, mais encore isolés, du Service forestier. Le Plan national quinquennal de 1985
incorporait le fruit de ces réflexions qui, pour le secteur forestier, précisait que le premier objectif
«
est de
satisfaire les besoins quotidiens de la population en produits forestiers…
» et ceci sera
réalisé, en partie « …
par le transfert de forêts étatiques à la communauté
». En 1987, le travail
commença pour l’élaboration d’un Plan directeur pour le secteur forestier. Malgré de la résistance
intense de certains milieux politiques et professionnels dans le secteur, mais avec le fort
encouragement de plusieurs bailleurs de fonds, le Plan fut approuvé en 1990 et donnait les lignes
directrices pour les prochains 25 ans, mettant la première priorité pour un programme de
foresterie communautaire- FC
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. La nouvelle Politique Forestière de 1990 contenait des intentions
explicites : «
le transfert de toutes les forêts accessibles aux communautés, dans la mesure
qu’elles sont capables et disposées à les gérer… confier aux usagers la responsabilité de
protéger et de gérer les forêts. Les usagers à recevoir tous les revenus… Reformer tout le
personnel du Ministère des Forêts et de la Conservation des Sols pour leur nouveau rôle de
conseillers et de facilitateurs
».
Finalement, depuis quelques années, un mouvement contestataire populaire réclamait la
démocratie et la fin de ce qui était souvent perçu comme un système politique et administratif
corrompu qui obtenait des avantages démesurés de l’aide internationale pourtant destinée au
développement de la population dans son ensemble. En 1990, la monarchie devint
constitutionnelle avec un système parlementaire multipartis.
Le projet
La DDC estimait qu’il y avait un réel potentiel pour le développement d’une FC durable et qui
pourrait permettre une amélioration équitable des moyens d’existence, pour autant qu’il y ait un
changement fondamental de paradigme : le transfert de la responsabilité pour la gestion et des
droits concernant la forêt aux communautés; la planification et mise en œuvre émergeant des
communautés elles-mêmes (et non dictée par le haut); la bonne gouvernance étant encouragée
et ses principes respectés (voir Figures 1 et 2 en début de chapitre, N. Rizzotti).
Phase préparatoire importante
Une phase préparatoire d’une année permit d’établir une compréhension suffisante des
contraintes et potentiels, des ressources humaines à être développées, des options de modalités
de financement, de montage institutionnel et de mise en œuvre d’un tel projet qui couvrirait deux
Districts. Cela permit aussi à la DDC de contribuer à un renforcement de collaboration entre
bailleurs de fonds dans le secteur forestier pour tenter d’établir une vision commune concernant
les conditions-cadres encore nécessaires pour le secteur, ainsi que les options stratégiques
d’appui pour le développement de la FC. Dans ce sens, ce fut une année importante : un bailleur
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FC : foresterie communautaire