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L’objectif de ces régulations consiste à contrôler le comportement des acteurs-utilisateurs en
stabilisant ou en modifiant la relation qui existait auparavant entre eux et le bien en question. Ceci
est accompli en reconnaissant des droits d’usages qui peuvent varier en fonction des saisons. Un
régime institutionnel des ressources ne peut cependant fonctionner qu’à condition qu’il existe un
mécanisme de monitoring et de sanction en cas de dépassement des droits d’usages accordés.
Aux différents droits s’ajoutent certains paramètres tels que des besoins d’information sur la
ressource (inventaire, flux, interactions…) ou tels que les règlements d’usage doivent être suivis
par des mécanismes de sanctions qui doivent être considérés comme efficaces et légitimes par
les usagers. Il faut insister sur l’importance d’une gestion devant se faire à différents niveaux du
local au global et sur les moyens de coordonner ces différents niveaux. Les institutions doivent
pouvoir s’adapter à mesure que les connaissances évoluent et être variées. Le postulat de Rio
pour une gestion plus démocratique, qui devrait conduire à une relation plus respectueuse ou
plus durable de l’environnement, est complexe et ne peut être réel que sous certaines conditions.
Ces nouveaux modes de gestion interpellent l’éducation et la formation, non seulement des
forestiers, mais aussi des élus, des gestionnaires et des facilitateurs de la co-construction des
savoirs et la mise en place de politique basée sur des connaissances scientifiques. Alain-Serge
Kouadio rappelle que plusieurs études ont récemment attiré l’attention sur la détérioration de
l’enseignement forestier professionnel, dans les pays tant développés qu’en développement.
Plusieurs symptômes attestent de ce déclin, notamment la forte réduction des financements
accordés aux institutions d’enseignement, les faibles taux d’inscription des étudiants, l’incapacité
à attirer les étudiants les plus doués et surtout, le ralentissement de la demande de diplômés en
foresterie. Face à l’évolution rapide des circonstances, de nombreuses institutions adoptent des
stratégies de survie.
La pauvreté est un facteur aggravant de la pression anthropique sur les forêts et à la base
d’actions non viables vis-à-vis de celles-ci. Malheureusement, le taux de pauvreté ne cesse de
grimper surtout dans les pays en développement dont les populations sont tributaires des
ressources forestières. En effet, la pauvreté est souvent un obstacle à l’accès à la connaissance,
au savoir et à la sensibilisation. La pauvreté monétaire se traduit par l’insuffisance de moyens
financiers pour satisfaire les besoins fondamentaux tels que la nourriture, le logement, la santé,
l’éducation, etc. La forêt offre, souvent gratuitement, la plupart de ces biens et services. Il
apparait, dès lors, un dilemme entre satisfaction des besoins primaires et urgents et préservation
des ressources.
La plupart des problèmes auxquels sont confrontées la foresterie et par conséquent l’éducation
forestière sont symptomatiques de changements sociaux, économiques et technologiques plus
généraux, qui semblent s’accélérer rapidement. Un grand nombre de concepts et d’approches
appropriés depuis le début de la révolution industrielle seront probablement dépassés, de même
que les institutions apparues durant cette période. La question est de savoir dans quelle mesure
ces institutions peuvent être de bons agents du changement et si elles sont capables d’évoluer.
Les approches différenciées qui convenaient lorsque le rythme de changement était lent perdront