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de la mise en place et de la consolidation de ces entités et autres arrangements doivent
absolument s’inscrire dans le moyen et long terme.
Par ailleurs, les systèmes d’accompagnement, tel qu’ils sont montés actuellement dans la plupart
des initiatives, semblent aussi inadéquats dans la mesure où, leurs coûts exorbitants ne
garantissent pas leur durabilité.
Patrick Robinson du Programme de foresterie communautaire Suisse-Népal trace dans son étude
de cas le résultat d’une initiative de gestion communautaire de la forêt au Népal. Ce projet a été
mené dans une zone rurale du Népal, où la gestion forestière était déficiente en raison d’une
mauvaise stratégie excluant les populations locales. Il fut convenu de changer d’approche
lorsqu’il est devenu évident que cette stratégie d’afforestation protectionniste apportait peu
d’avantages pour la population rurale, était coûteuse et ne permettait pas la mise en valeur
durable de la forêt existante. En revanche, on pouvait observer que dans les plantations
protégées, des essences feuillues (préférées par les usagers) se régénéraient et que les
villageois encourageaient la croissance d’arbres utiles en marge de leurs parcelles agricoles.
Le Plan national quinquennal de 1985 incorporait le fruit de ces réflexions qui précisait que le
premier objectif pour le secteur forestier «
est de satisfaire les besoins quotidiens de la
population en produits forestiers…
» ce qui sera réalisé, en partie «
… par le transfert de forêts
étatiques à la communauté
». En 1987, le travail d’élaboration d’un Plan directeur pour le secteur
forestier commença.
Le Plan fut approuvé en 1990 et donnait les lignes directrices pour 25 ans, mettant la priorité pour
un programme de foresterie communautaire. L’étude analyse sur vingt ans un projet de foresterie
communautaire mis en place en 1991 qui a apporté d’excellents résultats malgré un conflit armé
de 1996 à 2008.
Parmi les résultats positifs, il est heureux de constater que l’intense appui pour le renforcement
des capacités des femmes (qui sont responsables de la collecte de la majorité des produits
forestiers) et d’autres groupes défavorisés a mené à une augmentation au fil des années de leur
représentation dans les comités des Groupes Communautaires d’Usage Forestier (GCUF). On a
aussi noté une amélioration de la qualité et de la superficie des forêts dont le volume prélevé
correspond à 50 % de l’accroissement naturel et de multiples bénéfices économiques locaux
résultant d’une augmentation de la portion de la foresterie dans le PIB. Parmi les points positifs,
on note aussi que 76 % des GCUF ont des provisions spéciales pour les pauvres, 84 % des
foyers extrêmement pauvres estiment que leurs moyens d’existence se sont améliorés avec le
développement de la foresterie communautaire, 40 % des revenus des GCUF ont été investis en
infrastructures communautaires et dans le salaire d’enseignants. Le projet a aussi permis de
générer des bourses d’études à divers niveaux y compris pour les femmes et les plus démunis
permettant le renforcement des capacités (60 % des aides du DDC). Enfin, on note une
amélioration de la perception du personnel des services forestiers par la population. Il faut