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cependant noter qu’en raison du conflit armé qui a sévi pendant la majeure partie de la période
de référence et de la migration des hommes pour aller travailler à l’étranger, plusieurs facteurs
sociaux concomitants peuvent brouiller les cartes.
Néanmoins, le projet a contribué à l’évolution du cadre légal en faveur de la foresterie
communautaire et sur base de ses expériences concrètes de terrain qui ont été régulièrement
documentées et divulguées. De nombreuses leçons ont été apprises pour générer et
accompagner des projets de foresterie communautaire, mais le projet n’a pu avoir que très peu
d’influence sur l’amélioration des marges obtenues par les GCUF, qui sont largement contrôlées
par les cartels d’acteurs hors district qui servent d’intermédiaires vers les marchés. Sans une
amélioration importante de la répartition des marges de bénéfices entre acteurs le long des
filières, le potentiel important de la forêt pour encore augmenter sa contribution au
développement économique de la région ne pourra pas être réalisé.
La Grande Muraille Verte est un projet africain d’envergure continentale qui en est à ses débuts.
Matar Cissé, coordonnateur de la Grande Muraille Verte pour le Sénégal, présente la manière
dont les leçons apprises à travers de nombreuses expériences relevant de la gouvernance dans
le domaine forestier seront prises en considération dans l’élaboration de ce projet colossal.
La zone soudano-sahélienne souffre d’un stress hydrique causé par des sécheresses récurrentes
de plus en plus intenses et rapprochées. Ce phénomène entraîne une baisse de productivité de
l’agriculture et une pression accrue sur les ressources, en particulier les terres et le bois,
fragilisant à la fois l’écosystème et les moyens d’existence des populations. Ce cercle vicieux
entraîne dans la pauvreté et la précarité des millions de personnes. La Grande Muraille verte est
un projet pan africain de plus de 7000 km entre Dakar et Djibouti qui vise à établir une bande de
15 km de large d’arbres plantés dans les isohyètes 100 et 400 mm pour tenter de contrer ce
phénomène.
Il s’agit en particulier de l’installation et de la mise en valeur intégrée d’espèces végétales à
valeur économique adaptées à la sècheresse, de bassins de rétention, de systèmes de
production agricole et autres activités génératrices de revenus, ainsi que des infrastructures
sociales de base. L’objectif principal du programme est de contribuer à la lutte contre la
désertification et la mise en valeur des zones saharo-sahéliennes par une gestion durable des
ressources naturelles et la lutte contre la pauvreté.
L’émergence d’une « économie verte » au
niveau de la Grande Muraille Verte et son impact sur l’environnement montrent que les
efforts déployés pour faire face aux changements climatiques pourraient générer à terme,
des millions de nouveaux « emplois verts » qui
contribuent à préserver et à restaurer la
qualité de l’environnement. Il s’agit pour la Grande Muraille Verte de prendre des mesures pour
garantir des emplois décents contribuant à réduire la pauvreté tout en préservant
l’environnement. En effet, il existe un lien étroit entre, d’une part l’amélioration des emplois et des
revenus des populations rurales et d’autre part, la gestion durable des ressources naturelles; il