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Cadre institutionnel de la gouvernance forestière en Côte d’Ivoire : des ajustements
multiples reflétant des changements réguliers de vision
En Côte d’Ivoire, le processus d’institutionnalisation de la protection de la nature en général et la
gestion de la forêt en particulier ont débuté depuis la période coloniale et se sont accentués après
l’acquisition de l’indépendance politique du pays. En effet dès 1960, était mis en place le Comité
National de Protection de la Nature (CNPN) pour la création des réserves naturelles. Par la suite,
le 19 août 1960, un arrêté portant création d’une Direction des Eaux et Forêts était signé au
Ministère de l’Agriculture et de la Coopération (MINAGRA, 1990). Pour conduire la politique de
développement forestier du pays, a été créée, par décret n° 66-422 du 15 septembre 1966, la
Société pour le Développement des plantations Forestières (SODEFOR) qui va devenir une
Société d’État par décret n° 93-206 du 3 février 1993. La tâche assignée à cette société est de
mettre en œuvre des modèles de gestion permettant l’exécution du Plan Directeur Forestier, la
valorisation des produits forestiers et l’enrichissement du patrimoine forestier national (Koffi,
1994). En 1971, deux Secrétariats d’État chargés respectivement des parcs nationaux et de la
reforestation ont été créés. Trois années après, en 1974, était mis en place un véritable ministère
des Eaux et Forêts en remplacement du Secrétariat d’État chargé de la reforestation. En 1990, le
Plan National d’Action pour l’Environnement (PNAE) était élaboré. Il a conduit à la création, par
décret n° 97-393 du 9 juillet 1997, de l’Agence Nationale De l’Environnement (ANDE). Cette
agence a pour mission, entre autres, la coordination de l’exécution des projets de développement
à caractère environnemental et de mettre en œuvre la procédure d’étude et d’évaluation de
l’impact environnemental des politiques macro-économiques (MET, 1995).
En effet, le niveau insuffisant de la protection des Aires Protégées en Côte d’Ivoire, a inspiré une
nouvelle politique de gestion des parcs nationaux et des réserves. Un séminaire organisé par le
Gouvernement en mars 1995, en collaboration avec les bailleurs de fonds, a permis de définir
une stratégie nationale et de lancer un Programme Cadre de Gestion des Aires Protégées
(PCGAP). Le premier cadre stratégique de ce Programme a été intégré dans le Plan National
d’Action pour l’Environnement (PNAE), et le PCGAP a été élaboré en 2001. Ce Programme
Cadre a abouti à la création, en 2002, de l’Office Ivoirien des Parcs et Réserves (OIPR).
L’attribution de cet office est précisée par l’article 20 de la loi de 2002 à savoir l’exécution de la
police administrative, la police judiciaire et la mise en œuvre d’une politique de gestion durable
par la promotion des activités légalement permises en fonction de la nature juridique du parc ou
de la réserve considérée et de sa zone périphérique. En effet, les principales composantes du
Programme sont la mise en place d’un cadre institutionnel adapté par la création de l’OIPR, le
financement pérenne des parcs nationaux et des réserves à travers une fondation, l’élaboration
des plans de gestion des parcs nationaux et des réserves, l’association des populations dans les
zones périphériques et le développement d’un réseau des parcs nationaux et des réserves. Avant
la crise ivoirienne de 2002, la mise en œuvre du PCGAP prévue pour une durée de 12 ans était
assurée grâce aux partenaires internationaux comme le Fonds pour l’Environnement Mondial
(FEM), la Banque Mondiale (BM), l’Union Européenne (UE), la Coopération Allemande