6-9
normalisée
2
. La captation du carbone et le maintien des stocks de carbone peuvent faire l’objet
d’un échange économique sur des marchés volontaires ou règlementaires. Monica Bertzky a
démontré dans son article au chapitre 3 que les zones contenant le plus de biomasse forestière
dans le bassin du Congo étaient aussi celles où la biodiversité était la plus élevée. Peut-on en
faire une règle générale? Il faudra sans doute plus de recherche dans divers massifs forestiers,
mais l’hypothèse a le mérite d’être posée. En revanche, Alain Karsenty nous met en garde contre
une approche de marché pour ces échanges avec le danger de créer de la fausse monnaie
climatique.
Il conviendrait donc que le REDD+ fonctionne par projets et soit rémunéré par un fonds mondial
en fonction de contrats négociés entre les parties. C’est la formule de paiement de services
environnementaux qui est la plus susceptible d’inciter les populations locales à agir
conformément à la solution la plus rentable à long terme si elle leur assure un revenu décent à
court terme. La valeur des contrats de REDD+ devrait ainsi varier en fonction des services
environnementaux « totaux » rendus par la conservation des forêts. Encore une fois, pour
respecter les principes de l’économie verte, il convient de réguler les termes de l’échange et de
remettre un maximum de moyens économiques pour les populations fiduciaires de la forêt de
manière à les aider à sortir de la pauvreté.
L’analyse du texte de Marc Dufumier au chapitre 4, de même que plusieurs études de cas
démontrent que la pression sur les forêts liée aux besoins alimentaires peut être réduite. Il s’agit
de faire une amélioration des pratiques agricoles en intensifiant le rendement des cultures ou en
augmentant la valeur des cultures pratiquées dans des systèmes agroforestiers.
C’est d’ailleurs tout un champ de recherche qui devrait être encouragé puisque les systèmes
agroforestiers peuvent continuer à maintenir leurs fonctions comme écosystèmes tout en
générant des revenus pour les populations qui y vivent. Il importe toutefois de promouvoir une
traçabilité, une démarche qualité et une labellisation des produits de manière à augmenter leur
valeur sur les marchés comme le démontrent Zoubida Charrouf, Carole Robert au chapitre 4 et
Claude Garcia au chapitre 3.
Le contrôle de la chaîne d’approvisionnement des marchés, du producteur au consommateur a
aussi une grande importance pour lutter contre la pauvreté. Comme l’illustrent Patrick Robinson
au chapitre 5, mais aussi Laurène Feintrenie au chapitre 4, la faiblesse des prix offerts au
producteur diminue son intérêt pour l’exploitation durable des forêts ou des agroforêts. Si
l’économie traditionnelle cohabite avec l’économie verte, rien ne garantit que l’économie verte
sera utile pour la réduction de la pauvreté. En ce sens, la voie du commerce équitable mérite
d’être mieux explorée et généralisée.
2
Par exemple les normes ISO 14064 sur l’inventaire, la quantification et la vérification des gaz à effet de
serre