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La gestion en commun des ressources naturelles part du constat que les communautés locales
peuvent être mieux à même que le marché ou le gouvernement de gérer les ressources
naturelles. Ce contrôle local doit conduire à une relation plus respectueuse ou plus durable
de
l’environnement. L’exclusion des groupes marginalisés diminuerait et la pauvreté serait réduite
grâce à une plus grande solidarité de proximité. On assiste ainsi à une remise en cause des
approches scientifiques d’une vision essentiellement naturaliste de la conservation et à une prise
en considération de l’économie et des sociétés. C’est aussi la transition d’une vision étatique et
centralisatrice vers la reconnaissance du rôle des populations locales.
Deschênes, présente à cet effet une méthode de travail multipartite qui permet de mettre en
commun les enjeux et les priorités d’un projet géré en commun. Cette méthode permet d’éviter
les pièges qui résultent de la présence d’acteurs inégaux intéressés à la gestion des ressources
forestières sur un même territoire.
Pour pouvoir assurer la pérennité de la ressource, il faut un cadre institutionnel fort avec mandat
de conserver celle-ci qui doit tenir compte de la propriété, des droits d’usage des acteurs ainsi
que des politiques qui les gouvernent. Le respect de ce cadre requiert l’existence d’une autorité
capable, le cas échéant, d’infliger des sanctions.
Garcia précise que dans tous les cas, l’innovation et les changements dans les systèmes de
gestion ne peuvent avoir lieu que si des champions portent les initiatives localement. Il faut
ensuite que les contraintes, opportunités et savoirs locaux soient parfaitement intégrés à la
réflexion, faute de pouvoir remporter l’adhésion des premiers concernés. Afin de construire une
alliance durable entre le monde de la conservation et les producteurs, il faut que les intérêts des
uns et des autres soient bien compris et pris en considération.
Cela confirme les propos de Rizotti qui signale qu’une bonne gouvernance locale est fondée sur
plusieurs piliers. La participation citoyenne, des partenariats entre des acteurs
‐
clés à l’échelon
local, la compétence transdisciplinaire des acteurs locaux, des sources d’information multiples,
des institutions de recevabilité et une orientation en priorité en faveur des pauvres sont parmi
celles-là. Cela signifie toute une transformation des modes traditionnels de gestion des forêts à
mettre en œuvre.
Par exemple, des décisions gouvernementales peuvent être prises par opportunisme, par effet de
mode ou par excès d’optimisme dans le rendement des marchés. C’est souvent le cas pour les
cultures industrielles.
Ducourtieux souligne que les raisons de l’échec des cultures industrielles sont rarement
techniques. En revanche, le contexte socio-économique est souvent négligé. Les conditions
d’accès au marché, le niveau des prix et leur évolution, le risque commercial actuel et futur, les
priorités des paysans selon les facteurs de production disponibles et les rapports d’échange sont
trop souvent négligés. Ces omissions mènent à des interventions inadaptées, au gaspillage des
rares ressources publiques et à des tensions entre les communautés paysannes et l’État.