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La collaboration internationale en recherche a fait l’objet de quelques études de cas portant en
particulier sur l’identification des zones les plus propices à la REDD dans le bassin du Congo
(Bertzky) ou encore sur le calcul de la valeur économique totale d’un parc au Gabon (Lescuyer)
sur la séquestration du carbone dans le projet Carbone boréal/Carbone tropical (Boucher), mais
aussi plusieurs travaux faits en collaboration entre la recherche agronomique des pays du Nord et
ceux du Sud sur les agroforêts. Ces collaborations montrent le potentiel pour la surveillance et la
remise en état des forêts ou pour la maximisation des services qu’elles peuvent rendre aux
populations les plus démunies. Des investissements dans ce type de recherche s’inscrivent
directement dans le sens de l’économie verte pour l’éradication de la pauvreté.
Conclusion
Tiega tout comme Huybens rappellent qu’au-delà de la forêt se pose le problème de nos modes
de consommation individuels et collectifs. Si la demande mondiale pour une consommation
toujours plus grande demeure le seul moteur du développement, la pauvreté ne cessera de
s’amplifier et les forêts de se réduire. Les instruments économiques sont nécessaires pour
modifier les choix collectifs, mais n’imaginons pas que leur magie nous permettra de faire
l’impasse sur ces remises en question de notre mode de développement.
C’est pourquoi, insiste Huybens, réaliser une économie verte à partir de la forêt ne nécessite pas
seulement des connaissances sur les écosystèmes forestiers, mais aussi sur la nature humaine.
Par exemple, consommer toujours plus peut donner l’illusion de la plénitude, mais le vide intérieur
revient en force pour rappeler que nous sommes aussi des êtres d’imaginaires, de symboles, de
spiritualité en lien avec ce qui est plus grand.
L’économie verte dans le secteur des forêts ne peut prétendre à l’éradication de la pauvreté sans
intégrer la complexité, la gestion participative, la répartition équitable des bénéfices et l’approche
transversale orientée sur le long terme. Une gouvernance soucieuse de respecter les
responsabilités et les droits de chacun à tous les niveaux est indispensable pour que l’économie
verte soit efficace. Si elle n’est menée que par l’avidité et le court terme, l’économie ne sera
jamais verte.
L’économie, si elle se veut verte, doit prioritairement viser à combattre les différentes dynamiques
de dépossession des populations dépendant directement de la forêt et en permettant la
préservation des savoirs et savoir-faire uniques dont ces populations restent les derniers
dépositaires.
La rencontre de ces objectifs par l’économie verte repose sur plusieurs conditions :
L’intégration des forêts dans les priorités nationales se traduisant par la formulation et la
mise en œuvre effective de politiques publiques et d’un cadre institutionnel encourageant
une gestion durable et équitable. Cette gestion devra être basée sur des données
scientifiques et vernaculaires pertinentes et sur une planification rigoureuse des actions