6-3
En revanche, d’autres types de formations arborées où se pratique l’agriculture (les agroforêts)
ou encore le pastoralisme ne sont pas prises en considération par la définition de la FAO alors
qu’elles peuvent maintenir, lorsqu’elles sont gérées adéquatement la majorité des fonctions des
forêts naturelles. On estime que le besoin de terres agricoles sera encore augmenté pour passer
de 1574 milliards d’hectares en 2000 à 3152 milliards d’hectares en 2050. Dans un contexte de
changements climatiques où de nombreuses terres actuellement productives seront en déficit de
précipitations, la pression sur les forêts sera énorme au cours des prochaines décennies (de
Marcily, 2008).
Les principales pressions résultent de l’accroissement démographique et de la nécessité, perçue
par la plupart des humains, d’augmenter leur niveau de vie. Cette force directrice est exacerbée
par le fait qu’une portion significative de la population mondiale vit dans des conditions de
pauvreté déplorables et que leurs besoins essentiels ne sont pas satisfaits. De plus, c’est dans
cette portion de la population que l’accroissement démographique est le plus élevé, ce qui pose
un problème sans cesse amplifié à l’échelle locale pour répondre adéquatement à ces besoins
légitimes.
Cela se traduit par un défrichement accéléré pour trouver de nouvelles terres agricoles, pour
satisfaire les besoins de bois de feu, pour construire des routes, aéroports, centres commerciaux.
Infrastructures énergétiques et parcs industriels et autres infrastructures liées à l’urbanisation.
Les responsabilités des diverses parties dans la déforestation sont difficiles à départager en
raison de la complexité de l’écheveau des causes directes et des forces sous-jacentes. Politiques
expansionnistes, régime foncier incertain, appât du gain peuvent peu ou prou expliquer comment,
du paysan pauvre aux multinationales, les humains veulent transformer la forêt et en exploiter les
richesses. La forêt, qui génère de multiples bénéfices, souvent intangibles ou à long terme, ne
résiste pas au calcul économique selon les paramètres actuels et est donc vouée à laisser sa
place à toute autre forme d’activité plus rentable à court terme.
La mondialisation, telle qu’elle s’amplifie depuis la fin des années 1980 soutenue par la
financiarisation de l’économie et la dématérialisation accélérée des flux monétaires crée pour sa
part des pressions par l’accaparement des terres agricoles pour des cultures d’exportation et
l’augmentation en particulier dans les pays émergents de la demande pour les commodités
(minéraux, pétrole, bois d’œuvre). Cette demande, motivée par la recherche de bas prix pour les
ressources entraîne une pression accrue sur le changement de vocation des terres et incite à des
modes d’exploitation non durables des ressources renouvelables pour la satisfaction du profit
immédiat par des entreprises transnationales qui ne sont redevables qu’à leurs actionnaires.
Entre 1970 et 2010, le produit mondial brut a plus que triplé et l’OCDE prévoit qu’il quadruplera
d’ici 2050 (OCDE, 2012). Cela se traduira par une demande accrue de ressources énergétiques,
minérales, de nourriture, de bois, etc. Il faut aussi noter l’augmentation consommation mondiale
croissante de viande qui pourrait doubler d’ici 2050 ce qui reflète l’appétit croissant pour des
produits carnés accompagnant l’enrichissement. Cette tendance exerce une force négative sur