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redistribution des richesses. Reste alors comme on a pu le voir au chapitre 4 la juste
rémunération des services d’extraction des ressources ligneuses et non ligneuses de la forêt.
Dans le quatrième chapitre, les auteurs ont présenté les principales raisons qui entraînent la
dégradation des fonctions écosystémiques des forêts en termes d’extraction des ressources
forestières pour alimenter l’économie mondiale. Ces facteurs sont multiples, mais les plus
importants sont étroitement associés à la recherche de profits rapides des grandes sociétés ou à
la pauvreté des populations qui vivent des forêts et qui ne sont pas récompensées pour les
bonnes pratiques qui conservent aux écosystèmes forestiers leurs fonctions autres que la
satisfaction immédiate des besoins économiques de base. Les forêts sont donc
systématiquement fragilisées par l’accroissement démographique et par la croissance de la
demande, en particulier pour les produits de l’agriculture industrielle et pour les ressources
minérales. Si la valeur de la forêt et de ses produits n’est pas correctement évaluée, tout autre
usage du territoire sera privilégié.
L’économie verte dans le domaine des forêts devrait favoriser une sécurisation du droit foncier et
une action convergente sur des politiques d’intensification agricole dans les terres déjà défrichées
et dans des systèmes agroforestiers ou de sylvo-pâturage. De cette façon, les paysans pourront
investir dans ces terres produisant plus et seront moins portés à trouver leur subsistance en
déboisant de nouveaux territoires forestiers.
La mise en valeur de produits forestiers à haute valeur ajoutée labellisés et commercialisés en
respectant des règles de qualité et de traçabilité qui permettent de les vendre à un juste prix sur
les marchés extérieurs peut aussi constituer une façon efficace de lutter contre la pauvreté des
populations qui dépendent de la forêt. Enfin, une vision intégrée de la filière bois et la
maximisation de son utilisation dans le secteur du bâtiment s’avèrent des pistes de réflexion pour
augmenter la richesse dans les régions forestières.
Tout cela demandera toutefois à plusieurs égards une réforme de la gouvernance des forêts dans
les pays concernés. C’est là l’objet du chapitre 5. On y a caractérisé diverses dimensions de la
gouvernance dans le domaine forestier, des conventions internationales jusqu’aux modes de
gestion communautaires. On y constate que les interventions et les politiques qui excluent les
populations locales des bénéfices forestiers sont vouées à l’échec. L’influence bénéfique des
conventions internationales et de la gouvernance supranationale à l’égard de l’évolution des
politiques nationales est démontrée. Mais quel que soit le cadre législatif ou règlementaire dont
dispose un État, s’il n’est pas appliqué avec rigueur et transparence, les résultats de la
participation des communautés resteront mitigés, voire contre-productifs. De même, les initiatives
de gestion communautaire doivent être appuyées par les États. Dans tous les cas, la corruption,
à n’importe quel niveau de l’échelle décisionnelle, peut remettre en cause les meilleures
initiatives.