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Il est aussi apparu que l’éducation et la formation font à la fois partie des enjeux d’adaptation des
pratiques forestières et de gestion du territoire, et qu’elles constituent le meilleur outil de
renforcement des capacités à l’échelle locale. Il est particulièrement inquiétant de constater la
désaffection des états et des étudiants envers les écoles de foresterie à cet égard. Cependant, la
forêt ne peut pas être protégée et ses fonctions écosystémiques conservées sans une vision
large qui intègre les besoins des populations, au premier chef la nourriture. Paradoxalement, pour
conserver les forêts, il faut interpeller la recherche agronomique pour améliorer la productivité
des systèmes agricoles et agroforestiers de manière à réduire la pression des populations
pauvres sur les forêts.
La recherche forestière doit aussi intégrer les services environnementaux comme la
séquestration du carbone, la régulation des eaux ou le maintien de la biodiversité dans l’arsenal
de ses projets. Il s’agit de plus d’une occasion de développer des partenariats Nord-Sud et Sud-
Sud pour chercher des synergies.
L’économie verte dans le secteur des forêts ne peut prétendre à l’éradication de la pauvreté sans
intégrer la complexité, la gestion participative, la répartition équitable des bénéfices et l’approche
transversale orientée sur le long terme. Une gouvernance soucieuse de respecter les
responsabilités et les droits de chacun à tous les niveaux est indispensable pour que l’économie
verte soit efficace. Si elle n’est menée que par l’avidité et le court terme, l’économie ne sera
jamais verte.
Ces constats nous obligent à nous interroger sur certains présupposés de la vision dominante du
rôle de l’économie dans le développement. Au premier chef, une économie motivée par une
croissance ininterrompue de la consommation individuelle comme indicateur du développement
ne peut pas être qualifiée de verte. Une vision uniquement axée sur la maximisation des profits
ou sur la satisfaction de besoins immédiats est incompatible avec la complexité des écosystèmes
forestiers et le temps qu’il faut pour assurer leur renouvellement. Si la demande mondiale pour
une consommation toujours plus grande demeure le seul moteur du développement, la pauvreté
ne cessera de s’amplifier et les forêts de se réduire. Les instruments économiques sont
nécessaires pour modifier les choix collectifs, mais on ne peut imaginer que leur magie nous
permettra de faire l’impasse sur ces remises en question de notre mode de développement.
Réaliser une économie verte à partir de la forêt ne nécessite pas seulement des connaissances
sur les écosystèmes forestiers, mais aussi sur la nature humaine. Consommer toujours plus peut
donner l’illusion de la plénitude, mais le vide intérieur revient en force pour rappeler que nous
sommes aussi des êtres d’imaginaires, de symboles, de spiritualité en lien avec ce qui est plus
grand.
L’économie verte dans le secteur des forêts ne peut prétendre à l’éradication de la pauvreté sans
intégrer la complexité, la gestion participative, la répartition équitable des bénéfices et l’approche
transversale orientée sur le long terme. Une gouvernance soucieuse de respecter les